15
Mars
2023
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Lutte contre les discriminations dans l'Union - la directive horizontale anti-discrimination tant attendue (débat)
Monsieur le Président. Bonsoir, Conseil. Présidence suédoise, bonjour. Encore une fois, Monsieur le Commissaire Dalli, bonsoir. Chers collègues, j'ai l'honneur de vous présenter cette question orale au nom du Comité. J'ai également l'honneur de présider la commission des libertés, de la justice et des affaires intérieures. Il s'agit d'une question orale sur l'égalité: directive horizontale antidiscrimination. Pour de bonnes raisons, la Commission européenne a publié à l’été 2008 une proposition de directive sur l’égalité de traitement des personnes sans distinction de religion, de convictions, de handicap, d’âge ou d’orientation sexuelle, dite directive horizontale anti-discrimination. Donc ça va être bientôt 15 ans maintenant. C'était il y a 15 ans. Ce Parlement européen a adopté sa position il y a 14 ans. Il s’agit d’une longue période au cours de laquelle le droit de l’Union a connu des changements substantiels. Le traité de Lisbonne est entré en vigueur, avec la Charte des droits fondamentaux, et la procédure législative est passée de la consultation sur cette question à l'approbation, qui prend un vote positif de ce Parlement européen. Toutefois, cette longue période n'a pas permis jusqu'à présent au Conseil de parvenir à un accord sur la question et de permettre à cette initiative de la Commission européenne de devenir enfin un droit effectif, un droit exécutoire, ce qui était l'essentiel. Et c’est la raison pour laquelle nous nous en inquiétions tant. Il ne s’agit pas seulement d’une question de procédure législative bloquée dans les discussions, de discussions sans fin, ne semblant pas trouver de moyen concluant de sortir de son tunnel. Nous assistons également ici à une incapacité de l’ensemble du processus décisionnel européen, c’est-à-dire d’un processus législatif, à apporter une réponse européenne pour résoudre un problème politique majeur, à savoir la discrimination qui prend de l’ampleur partout dans les États membres et dans l’ensemble de l’Union européenne. Depuis 15 ans, notre tissu social n'a pas surmonté le débat sur la discrimination. Au contraire, il a toujours été à la hausse contre des catégories, des catégories entières de personnes. Bien sûr, les femmes, les droits des femmes, nous en avons parlé aujourd’hui, aujourd’hui encore, en rappelant que les droits des femmes sont importants dans toutes les sociétés et, bien sûr, dans l’Union européenne. Mais cela va aussi aux personnes handicapées, aux minorités LGBTIQ, aux Roms, aux communautés juives, aux phobies partout dans le pays. Soulignant ainsi l’importance de ne pas seulement disposer d’un droit exécutoire, respectant la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne dans tous les États membres et dans l’ensemble de l’Union européenne, c’est un objectif aujourd’hui, avec les deux questions orales que nous soumettons à l’attention de ce Parlement européen, en mettant l’accent sur les pistes d’action au niveau de l’Union pour débloquer ce travail législatif pour de bon. C’est pourquoi le Parlement européen, qui n’a reçu jusqu’à présent aucune position sur le Conseil à ce sujet, et qui n’a pas l’occasion de remplir réellement son rôle de colégislateur avec le Conseil sur cette question pertinente, voit ce mandat du Parlement européen commencer en 2019 et désigner une nouvelle rapporteure sur le dossier, notre collègue Alice Kuhnke, et, avec les rapporteurs fictifs sur le dossier, nous attendons simplement une résolution qui doit être adoptée lors de la prochaine session plénière ici à Strasbourg. Lors de la prochaine session, nous adopterons une résolution qui enverra un message. Donc, c'est plus que suffisant. Il est plus que temps pour l'Union européenne d'agir ici. Le Parlement a décidé de poser deux questions. Premièrement, à la Commission: a-t-elle l'intention de débloquer l'adoption de la directive anti-discrimination et d'adopter enfin un cadre juridique pour les citoyens, respectant leurs droits contre toutes les formes de discrimination, qui attend depuis trop longtemps? Et la même question s'adresse assurément au Conseil, à la présidence suédoise. Nous ne parlons pas ici de procédures allant de la consultation au consentement. Nous parlons de l'entière responsabilité, 15 ans de notre incapacité à conclure ce dossier très pertinent sont vraiment importants. En fait, certains États membres ont pris des initiatives à la suite de l’initiative européenne, bien que peu concluantes jusqu’à présent, ont mis en place une législation, une législation anti-discriminatoire et une législation horizontale anti-discrimination dans certains États membres, dont le mien, l’Espagne. Nous attendons le cadre juridique de l'Union européenne. C'est pourquoi nous nous attendons à entendre la réponse de la Commission et du Conseil sur ce dossier en suspens le plus pertinent depuis pas moins de 15 ans.