Gérer les migrations de manière efficace et globale en favorisant les retours (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, avec l'opération honteuse de mémoire coloniale en Albanie, le gouvernement italien est devenu l'avant-garde d'une attaque européenne contre la migration et le droit d'asile. La tentative, qui a échoué jusqu'à présent, d'externaliser la détention dans un camp de concentration en territoire étranger et d'accélérer les procédures d'évaluation et de rapatriement des migrants représente: 1, une souffrance cruelle et une humiliation pour les personnes déportées en haute mer et traitées comme une humanité consomptible; 2, une preuve d'incompétence absolue, puisque l'illégalité de l'opération était évidente dès le départ; 3, un forçage inquiétant de droite du droit international qui protège les droits des personnes en mouvement. Normalement, un gouvernement qui a exposé son pays à une telle invention internationale devrait démissionner pour incapacité manifeste et manque d'éthique. Le Parlement européen devrait prendre ses distances et le condamner. L'opération Albanie doit cesser immédiatement, tandis que nous devons travailler à la création de canaux sûrs pour la migration.
Garantie d'un logement durable, décent et abordable en Europe - encourager les investissements, la propriété privée et les programmes de logements sociaux (débat)
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, alors que les centres-villes deviennent de plus en plus inaccessibles en raison du tourisme et de la spéculation, les loyers en Italie augmentent de 10 % par an. De plus en plus de gens sont pressés par l'inflation et les bas salaires, ont du mal à payer leur loyer et beaucoup risquent d'être expulsés. Beaucoup d'autres, en particulier les plus défavorisés et les plus jeunes, ne peuvent même pas se permettre un logement. Des dizaines de milliers de personnes sont contraintes d'occuper des logements abandonnés et délabrés comme seule alternative. Face à cette urgence du logement, le gouvernement italien n'offre aucun véritable soutien aux habitants, mais seulement la diabolisation des occupants et le durcissement des sanctions. Il est urgent d'agir et j'invite le futur commissaire à prendre des mesures pour s'attaquer à ce grave problème social. Tout d'abord, il est nécessaire de mettre en place un nouveau plan public de logement social qui soit efficace et inclusif. En ce qui concerne les occupations de logements sociaux laissés vides, il est nécessaire de bloquer les expulsions et les procédures de régularisation des occupants. Enfin, il est nécessaire de réglementer les prix locatifs du marché privé et de prévoir une prime locative.
Présentation du programme d'activités de la présidence hongroise (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, je connais la Hongrie de son point le plus sombre: de prison. J'ai été placé en détention provisoire dans des conditions difficiles pendant 15 mois. Grâce à la solidarité de milliers de citoyens antifascistes, je me tiens aujourd'hui devant vous en tant que femme libre. La présidence de ce gouvernement hongrois est tout à fait inappropriée. Une Europe unie est née sur les cendres de la défaite du fascisme nazi en tant que projet de coopération internationale. C'est un paradoxe amer d'avoir une présidence dirigée par quelqu'un dont le but est de démanteler l'UE au nom du nationalisme. La Hongrie sous Viktor Orbán est devenue un régime illibéral et oligarchique, un État ethnique autoritaire. Certains l'appellent même tyrannie moderne. Ce qui est sûr, c'est que l'état de droit et la liberté des médias ne sont plus garantis. La dissidence est criminalisée, la société civile réprimée. Alors que les oligarques loyaux se sont enrichis, les inégalités sociales et régionales se sont aggravées. Les droits des minorités sont violés et le racisme est devenu courant. L’UE est loin d’être parfaite: politiques néolibérales, inégalités sociales, deux poids, deux mesures en matière de politique étrangère et subordination à l’influence américaine. Mais rien de tout cela ne concerne M. Orbán. Ses véritables cibles sont les minorités, les migrants, la justice sociale, la liberté d'expression et l'État de droit. Il alimente le ressentiment du peuple hongrois contre la soi-disant « Europe dégénérée » pour créer un ennemi extérieur et consolider son propre pouvoir. M. Orbán entretient des liens étroits avec les pires forces d'extrême droite, tant en Europe qu'à l'échelle internationale. Cette nouvelle forme dangereuse de fascisme représente la variante autoritaire du capitalisme mondial d'aujourd'hui. Ce sont des ennemis frauduleux de la classe ouvrière et de l'amitié entre les peuples, une menace pour ceux qui aspirent à vivre dans la liberté. Enfin, je tiens à exprimer ma pleine solidarité avec Maja, l'activiste antifasciste et non binaire allemand qui a été extradé d'Allemagne et maintenant détenu en Hongrie. La démocratie européenne doit rester ferme et refuser de coopérer avec le régime oppressif et autoritaire de M. Orbán.