16
Juin
2026
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Système commun en matière de retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier dans l’Union (règlement sur le retour) (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire Brunner, derrière nos débats sur l’immigration, il y a des visages. Il y a Lola, il y a Philippine, il y a les victimes de Bruxelles, de Solingen, d’Aschaffenbourg, de Munich, de Villach et de Mannheim. Partout en Europe, des familles ont vu leur vie basculer. Nous leur devons la vérité. Ces drames n’auraient jamais dû se produire – si nos frontières n’avaient pas été transformées en passoire, si les décisions d’éloignement avaient été exécutées, si certains responsables politiques n’avaient pas fermé les yeux pendant des années sur les conséquences de l’immigration illégale… C’est précisément pour cela que l’adoption du règlement sur le retour, demain, constituera une avancée significative. Depuis trop longtemps, la politique migratoire européenne reposait sur une logique absurde. Tout était fait pour empêcher les expulsions et presque rien pour les rendre effectives. La gauche, les ONG militantes et une partie de la Commission européenne, notamment sous l’impulsion de Mme Ylva Johansson, ont entretenu cette fuite en avant avec la complicité d’une droite dite modérée, qui a trop souvent accompagné ce mouvement au lieu de le combattre. Pendant des années, Bruxelles a davantage protégé les clandestins contre leur éloignement que les Européens contre les conséquences de l’immigration illégale. Ce texte marque enfin un changement de cap. L’allongement de la durée maximale de rétention administrative à vingt-quatre mois – alors qu’en France certains macronistes s’enorgueillissaient de l’avoir allongé de trois à sept petits mois –, le rétablissement du délit de séjour irrégulier, la fin du caractère automatiquement suspensif de nombreux recours, l’obligation pour les migrants de coopérer à leur éloignement et la création de hubs de retour hors de l’Union européenne étaient encore impensables à Bruxelles il y a quelques années. Après les règlements sur les pays tiers sûrs et les pays d’origine sûrs, ce vote démontre qu’une autre politique migratoire est possible, lorsque les forces du bon sens de la droite de cet hémicycle travaillent ensemble. Mais ce travail n’est pas terminé. Trop de pays refusent encore de reprendre leurs ressortissants tout en profitant des avantages accordés par l’Union – je pense notamment au régime algérien. Les visas, l’aide financière européenne et les avantages accordés par l’Union doivent désormais être conditionnés à la reprise effective de leurs ressortissants. Mais regardons aussi nos propres échecs: en France, 1 obligation de quitter le territoire sur 7 est exécutée. Certains, dans cet hémicycle, appartiennent à des partis qui gouvernent nos pays depuis des décennies et portent une responsabilité directe dans cette situation. Pendant des années, ils ont promis la fermeté et organisé l’impuissance; ils ont promis des expulsions et laissé les clandestins rentrer; ils ont promis le contrôle et laissé prospérer le désordre migratoire. Nos peuples ne demandent pourtant rien d’extraordinaire: ils demandent simplement que ceux qui n’ont pas le droit d’être ici repartent, que les criminels étrangers soient expulsés et que les décisions de retour deviennent enfin des retours effectifs.