25
Nov
2021
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Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et état d'avancement de la ratification de la convention d'Istanbul (suite du débat)
Monsieur le Président, la semaine dernière, M. Pedro Sánchez Pérez-Castejón, Premier ministre espagnol, s'est rendu à Istanbul pour rendre visite à son ami, le président Erdoğan. Ils sont apparus devant la presse et Erdoğan a saisi l'occasion pour s'exprimer fermement contre la Convention d'Istanbul, avec des remarques très offensantes sur les femmes. M. Sánchez a écouté avec impassibilité, il a souri et n'a prononcé aucun mot au-delà de l'amitié, de l'investissement ou de la conjoncture économique. Les propos d’Erdoğan étaient aussi offensants que son comportement face au scandale du «sofagate». Mais personne à Bruxelles n'a pris la peine de réagir, pas même d'exprimer son inquiétude. Cette discussion espagnole sur l'amitié est en effet une liaison dangereuse, et la Commission devrait la surveiller, car au-delà de saper la convention d'Istanbul, l'amitié étroite entre l'Espagne et la Turquie constitue une menace pour la sécurité et la stabilité européennes beaucoup plus largement. L'Espagne vend à la Turquie les bateaux qui menacent la sécurité de la Grèce et de Chypre, et les armes qui alimentent le conflit au Moyen-Orient. Et pendant ce temps, les banques espagnoles investissent dans une économie turque très volatile qui peut apporter de gros risques à la zone euro. Messieurs les Commissaires, faites attention à l'Espagne et à la Turquie.