14
Sept
2021
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Situation en Afghanistan (débat)
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, j'accuse les Occidentaux de ne pas avoir de passion. Vous qui êtes nés de la passion, vous qui êtes devenus un peuple grâce à la passion de votre révolution. Vous ne comprenez donc pas ce qui émeut vos ennemis, nos ennemis. Vous ne comprenez pas ce qui lui permet de combattre de manière aussi globale et impitoyable cette guerre contre l'Occident. C'est de la passion. Le pouvoir de la passion, mes chers! C'est la foi qui vient de la passion. C'est la haine qui vient de la passion. Allah-Akbar, Allah-Akbar! Jihad-Jihad! Ils sont prêts à mourir, à exploser, à nous tuer. Pour nous détruire. Et leurs chefs, (les vrais chefs), les mêmes. Je le connaissais, Khomeiny. Je lui ai parlé, je me suis disputé avec lui, pendant plus de six heures sur deux jours différents. Et je vous dis que c'était un homme de passion. Ce qui l'a ému, c'est la foi, la passion. Je ne connaissais pas Ben Laden. Dommage ... Mais je l'ai bien regardé quand il est apparu à la télévision. Je l'ai regardé dans les yeux, j'ai écouté sa voix, et je vous dis que c'est un homme de passion. Ce qui l'émeut, c'est la foi, la haine qui vient de la passion. Pour combattre leur passion, pour défendre notre culture, c'est-à-dire notre identité et notre civilisation, les armées ne suffisent pas. Nous n'avons pas besoin de chars, de bombes atomiques, de bombardiers. Il faut de la passion. Le pouvoir de la passion. Et si vous ne le faites pas sortir, nous ne le faisons pas sortir, je vous le dis, vous serez vaincu. Que nous serons vaincus. Je vous dis que nous retournerons dans les tentes du désert, que nous finirons comme des puits sans eau. Réveille-toi, alors! Réveille-toi, réveille-toi. Oriana Fallaci, 26 octobre 2002.