Dimension de cohésion de l’Union en matière d’aides d’État et des règles dites «de minimis» (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, ces dernières années, l'Union européenne a été frappée de crise en crise et je crois que nous avons fait preuve de souplesse et que nous avons été en mesure de soutenir ceux qui en ont le plus besoin. Par conséquent, face à cette nouvelle crise de l’énergie et de l’inflation, la flexibilité de l’encadrement temporaire des mesures d’aide d’État est absolument nécessaire. Mais nous devons aller plus loin et tenir compte de la cohésion sociale et territoriale dans cette révision. Ce que nous demandons pour les normes futures de minimis est qu’il existe des plafonds spéciaux pour les régions moins développées, les zones dépeuplées, rurales, transitoires et ultrapériphériques, ainsi que les îles. Si je me réfère à mon pays, je pense aux îles Canaries, mais aussi aux îles Baléares. Toutes ces zones structurellement défavorisées doivent disposer de mesures spécifiques pour pouvoir faire face à la crise et attirer les entreprises et les talents. Par conséquent, ils ont besoin de seuils spécifiques. En bref, il s'agit d'éviter une Europe avec des citoyens de première classe et des citoyens de deuxième classe.
Stratégie de l'UE en matière de santé mondiale (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, comme l'a dit le haut représentant, M. Borrell, la santé n'est plus seulement une question de pharmaciens et de médecins, c'est aussi un problème géopolitique. La pandémie a placé la santé mondiale au premier rang des priorités politiques multilatérales. Il a mis en évidence de graves inégalités dans la distribution des vaccins et la nécessité d'une surveillance plus efficace des maladies dans le monde entier et de mécanismes de coopération internationale beaucoup plus solides. La stratégie dont nous débattons aujourd'hui doit donc changer les règles pour que l'Union européenne joue un rôle de premier plan dans le domaine de la santé mondiale et agisse de manière beaucoup plus décisive. Les menaces de l'avenir peuvent être chimiques ou biologiques, ou elles peuvent être des pandémies silencieuses telles que la résistance aux antimicrobiens, et afin de les prévenir et de les combattre, nous devons agir avec une approche globale, celle du concept One Health. Nous avons également besoin d'une plus grande présence européenne dans les structures de gouvernance d'une Organisation mondiale de la santé beaucoup plus forte et plus efficace. Enfin, nous avons besoin de ressources: Si nous voulons une stratégie globale véritablement transformatrice, des instruments financiers innovants devront être explorés en collaboration avec la Banque européenne d'investissement ou la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.
Normes d'émissions de CO2 pour les voitures et les camionnettes (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, nous votons aujourd'hui sur l'une des règles les plus importantes de cette législature: l’interdiction des véhicules à combustion à partir de 2035, avec tout ce que cela implique pour nos villes, mais aussi pour l’industrie, une industrie stratégique qui englobe non seulement les grandes entreprises, mais aussi les petits producteurs, et qui a fait de l’Europe un leader mondial. C'est pourquoi, pour moi, trois points de ce sur quoi nous votons aujourd'hui sont fondamentaux. Premièrement, nous devons assurer la sécurité du secteur afin qu'il puisse orienter ses investissements vers l'électrification. Vous n'avez pas à changer les règles du jeu tous les cinq ans, ni mettre plus d'obstacles ou plus de bâtons sur les roues. Je fais référence, par exemple, à Euro 7. Deuxièmement, cette ambition n'est pas comprise si nous ne garantissons pas les points de recharge. Nous avons besoin d'objectifs obligatoires par pays et nous ne pouvons pas réduire notre ambition dans AFIR. Troisièmement, tout ce processus doit se faire main dans la main avec l’industrie et, par conséquent, il était très important pour moi que ce règlement comprenne une clause de réexamen en 2027, dans laquelle les technologies disponibles, les progrès annuels et la mise en œuvre sont évalués, et garantisse ainsi, avec le secteur, qu’il est possible d’atteindre 2035.
Programme de l’Union pour une connectivité sécurisée 2023-2027 (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, aujourd'hui, l'Europe vise et ambitionne l'espace. Et nous le faisons avec un plan ambitieux pour déployer notre propre constellation de satellites. Un projet qui aura, en matière de sécurité et de connectivité, ses deux piliers principaux. Il s’agit de garantir notre souveraineté également dans l’espace afin de garantir que nous ne dépendons pas des infrastructures de pays tiers, comme cela nous est arrivé lors de l’invasion de l’Ukraine. Grâce à cette constellation, nous serons en mesure de donner un accès ininterrompu et sécurisé aux services de télécommunications et de protéger ainsi nos infrastructures critiques. Nous aurons également nos propres yeux lorsque cela sera nécessaire en temps de crise, qu'il s'agisse de catastrophes naturelles, de missions diplomatiques ou de stratégies militaires. Mais, en outre, ce programme permettra l'accès au haut débit dans toute l'Europe, en évitant que les zones rurales ou les plus éloignées soient déconnectées. Les politiques de dépeuplement ne peuvent être comprises sans une connexion Internet stable, par satellite, comme celle que nous proposons aujourd'hui. Et enfin, ce sera une constellation exemplaire en termes de durabilité spatiale et environnementale. Il ne me reste plus qu'à vous remercier, cher Christophe, pour votre travail exceptionnel pour rendre cette constellation possible.
Mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune – rapport annuel 2022 - Mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune – rapport annuel 2022 (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Haut Représentant, chers rapporteurs, en tant que rapporteur pour l'avis élaboré par la commission de l'égalité des genres sur la politique de sécurité et de défense commune, je dois dire qu'il est décevant qu'aucune des propositions que nous avons faites au sein de notre commission n'ait été incluse dans ce rapport. L'égalité entre les hommes et les femmes est certainement l'une des grandes priorités de cette Assemblée, mais nous devons montrer l'exemple et, malheureusement, dans le domaine de la sécurité et de la défense, il reste beaucoup à faire. Nous devons adopter une approche de tolérance zéro à l'égard du harcèlement et de l'exploitation sexuels, que ce soit au sein du personnel de nos missions de coopération ou au sein de la population locale que nous visons. Nous avons l'obligation éthique et morale d'effectuer les audits nécessaires pour veiller à ce que les responsables de ces actes inhumains soient tenus responsables et, bien qu'il s'agisse d'une réalité inconfortable, nous devons éliminer ces problèmes. En tant que législateurs, nous ne pouvons plus détourner le regard.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, nous traversons une période très difficile pour l'Europe: prix élevés de l'énergie de base, concurrence féroce des États-Unis et de la Chine et menace de plus en plus grave de désindustrialisation. Dans ce contexte, la gestion responsable de nos déchets n'est pas seulement une question d'environnement et de santé publique. Encourager leur réutilisation et créer un marché pour le recyclage à l'intérieur de nos frontières et ne pas exporter le problème vers des pays tiers est une nécessité pour l'Union européenne, qui dépend aussi tellement des matières premières d'autres pays. Les déchets sont une ressource extrêmement précieuse, avec un grand potentiel économique et industriel si nous apprenons à les utiliser intelligemment. Je pense, par exemple, à la ferraille, si nécessaire pour produire l'acier vert du futur. Le règlement dont nous débattons aujourd'hui est essentiel pour réduire notre dépendance et rendre notre production plus durable et désormais un modèle circulaire. Mais je crois aussi que nous devons aller plus loin et, par conséquent, je crois que nous devons veiller, avec des contrôles efficaces et des critères très clairs, à ce que, à toutes les étapes de la gestion des déchets, nous ne tournions pas le dos à nos normes avec des transferts massifs vers des pays tiers.
Directives concernant les énergies renouvelables, la performance énergétique des bâtiments et l'efficacité énergétique: amendements (REPowerEU) (suite du débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire Timmermans, accélérer le déploiement des énergies renouvelables est une question de survie dans l'Union européenne. Et la suppression des goulets d'étranglement et la rationalisation des procédures administratives en matière d'octroi de permis devraient être une priorité. Le plan REPowerEU est la réponse. Aujourd'hui, l'approbation d'un projet solaire peut prendre jusqu'à quatre ans; un vent, jusqu'à dix. C'est inacceptable dans la crise actuelle. Mais attention, cela ne peut se faire à aucun prix. Simplification: Oui, mais en respectant les normes environnementales et, bien sûr, sans tourner le dos aux autorités locales qui voient maintenant comment les macroprojets renouvelables sont décidés sans leur participation. Les zones prioritaires devraient être identifiées et les terres sans valeur environnementale et les sols dégradés dans les installations industrielles devraient être exploités. REPowerEU devrait également être le mécanisme permettant de moderniser les installations qui deviendront obsolètes, d’encourager l’autoconsommation et de soutenir résolument le biométhane en tant qu’énergie renouvelable locale, qui apporte des emplois et de l’industrie dans nos zones rurales.
Un marché unique de l'énergie réellement interconnecté pour réduire les factures et maintenir la compétitivité des entreprises (débat d'actualité)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, la confiance des entreprises s'est effondrée et un tiers des plus grandes entreprises européennes envisagent d'arrêter ou de réduire leur production en raison des prix élevés de l'énergie. Il est plus que jamais nécessaire d'évoluer vers un marché unique de l'énergie. Et pour cela, nous avons besoin de deux choses: la réforme du marché et les interconnexions. Les interventions sur le marché sont indésirables, mais il est plus indésirable de laisser les citoyens sans abri et les entreprises bloquées. Aujourd'hui, les signaux de prix sont perdus et, en outre, nous avons l'immense défi de créer un réseau électrique qui absorbe toute l'énergie renouvelable que nous allons installer au cours de la prochaine décennie. Soyons courageux pour changer ce qui ne fonctionne pas. En ce qui concerne les interconnexions, nous sommes en retard, derrière les objectifs que nous avions et, en outre, il semble que nous n'ayons pas appris. Nous venons de quitter MidCat et nous le remplaçons maintenant par un projet beaucoup plus coûteux qui ne nous permettra pas de transporter du gaz ou de l'hydrogène renouvelable jusqu'en 2030, ce qui ne nous sert pas à la crise actuelle. Monsieur le Commissaire, la tâche qui nous attend est énorme. Il est urgent d'agir. Mettons-nous au travail, car nos citoyens et nos entreprises ne peuvent plus attendre.
Chapitres REPowerEU des plans pour la reprise et la résilience (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, l’adoption aujourd’hui de REPowerEU par cette Assemblée est une excellente nouvelle; En effet, cela démontre notre capacité à réagir et met des fonds concrets sur la table pour atteindre deux objectifs prioritaires: décarboner notre mix énergétique et couper les liens avec un gouvernement criminel comme le gouvernement russe. Nous proposons dans cinq ans ce que nous avions prévu de faire dans quinze ans, mais nous ne pouvons pas rester sous les applaudissements. Aucun Européen chez lui ne comprendra notre satisfaction s'il ne sait pas s'il pourra chauffer sa maison cet hiver. C’est pourquoi nous nous sommes tant battus pour que REPowerEU soutienne également les ménages et les PME les plus vulnérables, mais nous devons également réfléchir à long terme et anticiper les problèmes, car nous savons que la solution consiste à investir massivement dans les énergies renouvelables. Mais comment parvenir à une véritable union de l'énergie si nous n'investissons pas dans les interconnexions? Notre réseau est-il prêt à soutenir l'augmentation de l'énergie renouvelable que nous vivrons au cours de cette décennie? Comment éviter la dépendance à l'égard de la Chine lorsque la demande de matières premières telles que le lithium monte en flèche? Répondre à ces questions maintenant, Monsieur le Commissaire, nous permettra de ne plus avoir à mettre de correctifs à l'avenir.
Une approche de l'UE en matière de gestion du trafic spatial - Une contribution de l'UE pour faire face à un défi mondial (débat)
Monsieur le Président, l'espace est un secteur d'avenir pour l'Europe et pour notre industrie. Cette résolution, ainsi que la législation sur la connectivité sécurisée, est un avant et un après pour la politique spatiale européenne. Plus de 7 000 satellites et plus d'un million de débris orbitent autour de la Terre et leur nombre ne cesse d'augmenter. Plus de 30 000 satellites supplémentaires devraient être lancés dans les années à venir, avec un risque croissant de collision. La gestion du trafic spatial est donc essentielle pour garantir la sécurité des infrastructures et des opérations spatiales, ainsi que la durabilité. Nous devons renforcer nos capacités de surveillance et de contrôle existantes afin de préserver l’autonomie stratégique et la compétitivité de l’industrie européenne, tout en favorisant la coopération internationale. Nous demandons donc à la Commission de proposer une législation contraignante d’ici 2024 afin de gérer le trafic spatial et de faciliter la gouvernance du secteur. Ce n'est pas de la science-fiction. L'économie spatiale est une réalité au potentiel énorme. La dimension de sécurité et de défense de l’espace est, comme nous l’a appris la guerre en Ukraine, une priorité pour l’Europe. Parier sur un secteur spatial européen fort et viable, c'est parier sur l'industrie européenne de demain, sur la sécurité de nos sociétés et sur le développement d'un écosystème scientifique d'excellence.
Heure des questions à la Commission Lutter contre le dépeuplement grâce à l'instrument de la politique de cohésion
Monsieur le Commissaire, le dépeuplement est un problème qui touche toute l'Europe, mais surtout des pays comme l'Espagne, où trois municipalités sur quatre perdent des habitants. Et je ne parle pas seulement des petites municipalités rurales, mais aussi des villes de taille moyenne. C'est pourquoi il était si important pour moi que la définition des zones dépeuplées soit incluse dans le règlement relatif aux Fonds FEDER, car cela permet à ces zones de disposer d'un plan d'action global pour les revitaliser et attirer l'emploi. Et pour créer des emplois, l'une des mesures désormais acceptées par la Commission est essentielle, qui consiste à permettre une fiscalité différenciée, des avantages fiscaux aux entreprises qui sont établies dans ces domaines. Et je parle, par exemple, des primes pour les travailleurs. Toutefois, nous constatons que les États membres n'utilisent pas cette mesure. Dans le cas de l'Espagne, nous attendons depuis dix mois et j'aimerais connaître votre avis. Et ma deuxième question concerne le Fonds pour une transition juste, qui est très important pour prévenir le dépeuplement. Nous constatons également que certains États membres n’ont pas encore présenté leur plan pour une transition juste. Nous risquons maintenant de perdre une rente. J'aimerais également savoir si c'est le cas, si nous pouvons perdre une rente de ces fonds et ce que nous devons faire à ce sujet.
Cohésion économique, sociale et territoriale dans l’UE: 8e rapport sur la cohésion - Régions frontalières de l’UE: des laboratoires vivants de l’intégration européenne (débat)
Madame le Président, tout d'abord, pour dire que je trouve scandaleux qu'un évadé de la justice espagnole parle ainsi, dans ce Parlement, de l'Espagne. Et oui, Monsieur le Commissaire, je pense que nous pouvons être très fiers de la politique de cohésion et que si nous avons appris quelque chose, c’est que, pour être utile, elle doit être flexible et trouver cet équilibre entre la préservation de son approche à long terme visant à réduire les disparités entre les régions et la réponse aux situations et crises imprévues, comme nous l’avons fait avec REACT-EU pendant la COVID-19, comme nous l’avons fait avec les réfugiés ukrainiens et comme nous devons le faire maintenant avec l’inflation et le prix de l’énergie. C'est pourquoi, Monsieur le Commissaire, je pense qu'il est urgent de mettre en place un mécanisme de soutien aux PME et aux familles. Et mon autre point est la simplification. Parce que la bureaucratie et le manque de personnel qualifié conduisent à des situations préoccupantes, comme en Espagne, où nous devons encore mettre en œuvre une partie des fonds pour la période 2014-2020. Nous n’avons pas encore mis en œuvre les plans opérationnels 2021-2027 et nous risquons de perdre une rente du Fonds pour une transition juste parce que nous avons une administration débordante qui tente de gérer les fonds de Next Generation EU. Par conséquent, si nous parlons de l'avenir, nous devons parler de simplification, de modernisation et de création de synergies afin que les fonds se complètent et ne se chevauchent pas, comme c'est le cas actuellement.
Réponse de l’UE à la hausse des prix de l’énergie en Europe (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, nous sommes confrontés à un hiver particulièrement rigoureux et nous, citoyens, avons besoin de certitude. La certitude que, quoi qu'il arrive, il n'y aura pas de pannes d'électricité dans nos maisons ou au travail. Et la certitude que les prix de l'énergie ne continueront pas à grimper. Et on ne peut plus attendre. Nous avons besoin que la Commission propose un bouclier social dès maintenant, et je parle d’aides directes, comme cela a été fait pendant la COVID-19, pour aider à atténuer l’augmentation fulgurante des factures et éviter la fermeture d’entreprises. Nous devons également mettre en avant des réformes courageuses, comme celles du marché de l'électricité, et là, nous devons travailler ensemble de toute urgence, mais sans bévues. Et je dis cela parce qu'en Espagne, le plafond gazier a déclenché nos importations de gaz russe et maintenant nous sommes les consommateurs qui payons la compensation aux compagnies gazières dans nos factures. Enfin, nous avons besoin d’infrastructures d’interconnexion qui, aujourd’hui, peuvent être utilisées pour le gaz, mais qui, demain, doivent être utilisées pour l’hydrogène vert. Et les projets européens doivent être financés par des fonds européens. Monsieur le Commissaire, le temps presse et nous avons besoin d'une action courageuse maintenant.
Intelligence artificielle à l’ère du numérique (débat)
Madame la Présidente, cher vice-président Vestager, chers collègues, nous courons le risque que les valeurs européennes soient remplacées à l'échelle mondiale, que nos entreprises soient marginalisées et que notre niveau de vie soit considérablement réduit. Comme vous le savez, ce ne sont pas mes paroles, mais celles contenues dans le rapport que nous avons adopté aujourd'hui après des mois de travail au sein de la commission spéciale sur l'intelligence artificielle. Lutter pour le leadership technologique de l'Union européenne n'est pas une option. Non seulement parce que notre compétitivité en dépend, mais parce que nous ne pouvons pas courir le risque que d'autres qui ne partagent pas nos valeurs finissent par nous imposer les règles. L’Europe est courageuse et fixe des normes mondiales en matière d’intelligence artificielle: Une éthique fiable, au service des citoyens et axée sur nos valeurs démocratiques. Nous aurons le défi de ne pas trop réglementer, d'éviter les doubles emplois et un système de gouvernance qui évite un marché fragmenté avec 27 interprétations différentes. Nos entreprises, en particulier les petites entreprises, ont besoin d'un marché unique, sans bureaucratie, qui leur permette d'innover et de se développer en Europe. Cela dit, le rapport que nous adoptons aujourd'hui est plus qu'un signal d'alarme. C'est une feuille de route avec des propositions claires qui doivent accompagner la législation si nous voulons rivaliser pour le leadership. Je parle, par exemple, de la création d'une bourse similaire au Nasdaq, qui aide nos entreprises numériques à se financer rapidement avec des capitaux européens. Je parle d'augmenter les investissements publics et privés pour atteindre au moins 20 milliards d'euros par an. Je parle d'investir dans la formation pour réduire la pénurie de personnel qualifié, mais aussi pour que les travailleurs sachent intégrer la technologie dans leur vie quotidienne et les libérer des emplois répétitifs que les machines peuvent faire. Je parle avant tout d'un espace européen des données interopérable qui nous libère des dépendances étrangères. Il est urgent de rattraper le temps perdu pour faire en sorte que les énormes progrès de l'intelligence artificielle profitent à la société dans son ensemble. Et aujourd'hui, nous faisons un grand pas.
Situation des droits de l'homme en Corée du Nord, notamment la persécution des minorités religieuses
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, en tant que vice-président de la délégation pour les relations avec la péninsule coréenne du Parlement européen, je présente aujourd'hui une résolution urgente pour condamner la violation systématique des droits de l'homme en Corée du Nord. Ces derniers mois ont été particulièrement dramatiques pour les Nord-Coréens, et les informations faisant état d'abus, de passages à tabac et de détentions injustifiées sont à la hausse. L'Union européenne doit être forte et sans compromis à l'égard du régime de Kim Jong-un, et c'est pourquoi cette résolution exige que la communauté internationale rende des comptes aux responsables de cette barbarie. En tant que représentants démocratiques des citoyens de l'Union européenne, nous ne pouvons plus détourner le regard: nous ne pouvons ignorer le fait que le régime nord-coréen réprime avec une extrême violence la liberté politique de pensée, de conscience, de religion, d’expression et de presse; nous ne pouvons ignorer les niveaux très élevés de malnutrition et de négligence médicale dont souffre la population depuis des années; nous ne pouvons ignorer l'extrême violence et l'esclavage dans les prisons et les camps de rééducation du pays; Nous ne pouvons pas ignorer leurs provocations et intimidations militaires et nucléaires constantes, et nous ne pouvons pas ignorer les souffrances des femmes et des filles en Corée du Nord, un pays où les responsables de l'État non seulement ne parviennent pas à protéger leur peuple, mais perpétuent la violence sexiste, les abus sexuels et les inégalités. Demain, en votant cette résolution, nous démontrerons que ce Parlement regarde de front cette réalité, que nous la condamnons dans les termes les plus absolus et que nous exigeons la fin immédiate de ces violations déchirantes des droits de l'homme.
Approche globale de la recherche et de l’innovation – Stratégie de l’Europe en matière de coopération internationale dans un monde en mutation (débat) (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, si nous parlons d'innovation, l'Europe a plus que jamais besoin de s'ouvrir au monde, d'échanger des connaissances et de coopérer avec les nations qui peuvent élargir notre horizon scientifique, humaniste et technologique. Le texte dont nous débattons aujourd'hui établit la stratégie de coopération avec d'autres nations, partenaires et alliés avec lesquels nous devons avancer dans toutes sortes de connaissances, mais en accordant une attention particulière aux grands défis: la transition écologique, la numérisation et la santé. Nous avons également souligné la nécessité de renforcer les liens avec le secteur universitaire et les scientifiques ukrainiens. Les fonds d’Horizon Europe devraient servir à créer des projets communs avec notre pays voisin dans les années à venir. Une autre priorité majeure est la protection de la liberté académique. L'Europe doit construire son avenir autour de la pensée critique et, par conséquent, nous ne pouvons tolérer que la liberté dans les établissements d'enseignement soit compromise ou remise en question. Enfin, je tiens à souligner trois clés du texte qui, à mon avis, sont fondamentales: la promotion explicite de l’égalité entre les hommes et les femmes au sein des équipes de R&D, la coopération avec nos partenaires méditerranéens dans le domaine de l’hydrogène et la collaboration en matière de R&D dans le domaine des semi-conducteurs, un axe essentiel de notre souveraineté numérique.
. – Madame la Présidente, nous nous rencontrons à un moment qui définit l'histoire européenne. La terrible invasion de l’Ukraine, avec des millions de femmes et d’enfants fuyant le pays, nous oblige à réagir, à agir rapidement et met à nouveau notre solidarité à l’épreuve. Je suis heureux de voir que l'Europe ne décevra pas. Félicitations, Monsieur le Commissaire, parce que pour que l'Europe soit utile, elle doit être flexible, et aujourd'hui, avec la politique de cohésion, nous le montrons. Cette initiative, que nous adoptons aujourd'hui, CARE, permettra aux régions européennes de financer toutes les dépenses découlant de la crise humanitaire. On parle d'éducation, d'hôpitaux de campagne, d'abris... Bref, on parle d'intégration. Mais cette initiative, telle qu'elle se présente aujourd'hui, ne suffit pas. Premièrement, des fonds supplémentaires sont nécessaires pour les régions frontalières. Rien qu'en Pologne, deux millions de réfugiés sont arrivés. Deuxièmement, nous devons revoir les délais que nous donnons aux régions afin de pouvoir justifier les dépenses: J'espère que ce n'est pas nécessaire, mais tout semble indiquer que cette crise se poursuivra au-delà de l'été. Et, troisièmement, nous devons également soutenir ceux qui souffrent le plus des dommages collatéraux de cette invasion. Nous le voyons déjà: Les PME et les familles sont incapables de faire face à la hausse imparable des prix des carburants et de l'énergie. Une situation dramatique qui porte un nouveau coup à la campagne, aux transporteurs et à l'industrie. Que les fonds parviennent aux entreprises et aux familles sera essentiel pour que la société endure l'assaut de l'économie de guerre. Les courageux Ukrainiens et les pays qui les accueillent ont besoin de nous et se tenir à leurs côtés sera un test de solidarité et de force pour l'ensemble de l'Union européenne.
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, l'Union européenne s'est imposée comme une référence dans le secteur des batteries. Un élément clé dans notre lutte pour l'autonomie stratégique. En 2030, nous voulons que 30 millions de véhicules électriques circulent sur nos routes et ces chiffres impliquent une augmentation exponentielle des matériaux stratégiques tels que le lithium, le cobalt, le manganèse, le nickel, dont l'Europe est pauvre et dont nous dépendons entièrement des importations. Rien qu'en 2020, nous aurons besoin de 18 fois plus de lithium ou de 5 fois plus de cobalt. Par conséquent, si nous voulons garantir notre autonomie stratégique, nous devons encourager et développer une industrie en Europe qui utilise les principes de circularité comme principal levier. Et pour cela, nous avons besoin d'un cadre réglementaire, de nouvelles règles du jeu qui garantissent la réglementation et la sécurité juridique de toute la chaîne de valeur. Et c'est ce que propose la proposition d'aujourd'hui. Nous réglementons de manière exhaustive l'ensemble du cycle de vie du produit, de la conception à la fin de vie, afin de rendre les batteries plus durables et plus compétitives. Je pense qu'il s'agit d'une proposition ambitieuse. des exigences relatives à la teneur en matériaux recyclés des batteries sont introduites, des mesures de collecte plus ambitieuses sont prises; Nous réglementons la deuxième vie des batteries de véhicules électriques, les millions de batteries que nous aurons pour qu'elles puissent avoir d'autres utilisations, et un passeport de batterie est mis en œuvre qui reflète leur empreinte carbone afin que leur impact environnemental soit également transparent. Bien entendu, la durabilité environnementale doit aller de pair avec la dimension sociale. L'élimination des mauvais traitements infligés aux travailleurs et le recours au travail des enfants dans les mines doivent être garantis. Merci, shérif. Je crois qu'avec ce projet de loi aujourd'hui, nous faisons un grand pas en avant. Nous sommes ambitieux et donnons un signal fort en Europe pour accélérer notre indépendance énergétique.
Montée des prix de l'énergie et manipulation du marché du gaz (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, en Europe, nous ne pouvons plus accepter notre dépendance au gaz russe comme inévitable. Après l'escalade historique de ces derniers jours, il est urgent d'empêcher l'utilisation continue du gaz comme arme politique. Monsieur le Commissaire, nous avons besoin de mesures concrètes pour alléger la facture d'électricité des maisons et des entreprises qui paient maintenant un prix record inabordable. Nous vous demandons une proposition de modification temporaire du système de tarification de l'énergie. En temps de guerre, des mesures extraordinaires sont nécessaires pour mettre fin au chantage de Poutine. Et, en outre, nous devons nous attaquer à une autre de nos grandes faiblesses: manque d'interconnexions énergétiques. En ce sens, je pense que l'Espagne peut et doit jouer un rôle clé dans cette crise. Aujourd'hui, j'ai envoyé une lettre au gouvernement de mon pays pour récupérer le projet Midcat sur l'interconnexion avec la France. Nous avons une grande capacité de regazéification et une connexion directe avec l'Afrique; Ne pas parier de manière décisive sur cela serait irresponsable pour toute l'Europe.
Mise en œuvre de la politique de cohésion 2021-2027 (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, les Fonds de cohésion ont été créés pour construire une Europe plus juste. Nous ne pouvons pas laisser la bureaucratie transformer cet outil magnifique en problème. La crise de la COVID-19 nous a déjà amenés à changer notre vision de la politique de cohésion et nous avons pu adapter les fonds aux besoins urgents de la pandémie. Nous devons maintenant nous adapter à une nouvelle crise. La guerre va nous affecter énormément. Nous sommes confrontés à des hausses sans précédent des prix de l'énergie, à des problèmes d'approvisionnement et à l'arrivée de centaines de milliers de réfugiés que nous devons aider. L'idée de la Commission de soutenir la crise des réfugiés avec les restes de la période précédente est une idée appropriée mais clairement insuffisante, Monsieur le Commissaire. Nous devons présenter un nouvel instrument d’urgence pour l’Ukraine qui soutiendra les réfugiés ainsi que les entreprises et les familles européennes les plus touchées par la crise. J'aimerais connaître votre position à ce sujet. Ne pensez-vous pas que, comme nous l’avons fait pendant la pandémie de COVID-19, le moment est venu pour nous de soutenir les régions les plus touchées par la crise en Ukraine avec les fonds de la nouvelle période? D'autre part, et comme vous le savez bien, il y a une autre question qui me concerne. En novembre dernier, le directeur général de la DG Politique régionale et urbaine de la Commission a identifié l'Espagne comme le pays le plus arriéré de toute l'Union européenne dans le développement de la politique de cohésion pour la nouvelle période. L'avertissement était inutile. Nous n'avons toujours pas présenté de projet d'accord d'association et, avec la faible croissance économique que nous connaissons, cette situation est très grave et nous risquons de perdre une annuité de fonds. Nous ne sommes pas le seul pays. Je voudrais savoir ce que la Commission va faire: va-t-il être plus flexible avec des délais ou va-t-il condamner les États membres qui sont en retard pour perdre une rente? Je voudrais également vous demander ce que la Commission peut faire pour fournir un appui technique afin que les États ne soient pas dépassés sur le plan administratif.
Renforcer l’Europe dans la lutte contre le cancer (débat)
(EN) Madame la Présidente, je voudrais aujourd'hui m'adresser à toutes les personnes qui luttent quotidiennement contre le cancer, ainsi qu'à leurs familles, qui les soutiennent et souffrent elles-mêmes des ravages de cette maladie. Le message d'aujourd'hui est clair: Ce Parlement va vous défendre. Parce que le rapport qui est adopté aujourd'hui n'est pas une déclaration d'intention, c'est un projet avec des mesures concrètes pour mettre en commun les ressources dans la recherche et être en mesure de traiter, par exemple, les cancers rares, les cancers pédiatriques ou ceux qui sont plus difficiles à guérir. Il s’agit d’un plan pour que les États membres investissent dans la prévention, le dépistage et l’amélioration des soins. Un soutien direct aux systèmes de santé, à nos professionnels. Et les inégalités n'ont pas leur place ici, seuls les soins de la plus haute qualité, quelles que soient les frontières: qu'un patient de Pologne, de Roumanie, de France ou d'Espagne a les mêmes possibilités de vaincre la maladie. À vous tous, je dis que la lutte contre le cancer continuera d'être une priorité absolue pour ce Parlement. Qu'il n'y ait aucun doute dans votre esprit. Merci beaucoup, chère Véronique, pour votre implication.
Une stratégie pharmaceutique pour l’Europe (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Monsieur le rapporteur, à combien de citoyens la technique de l'ARN messager retentissait-elle il y a deux ans? Ou qui savait qui était Biotech quelques mois avant la pandémie? L'importance du secteur pharmaceutique et de l'innovation biotechnologique est hors de question. Son succès au cours des derniers mois est allé de pair avec le nôtre, et le développement en un temps record d’un vaccin, qui nous a libérés du pire de la pandémie, n’a pas été le résultat du hasard: Cela a été des années de recherche loin des projecteurs, de collaboration étroite et d'investissement public-privé, et le travail de certains des meilleurs chercheurs du monde sur les ingrédients des vaccins. Dans cette Assemblée, nous avons discuté à de nombreuses reprises du talent, de l'innovation et de la technologie. Aujourd'hui, avec cette stratégie pharmaceutique, nous faisons un pas de plus pour protéger les entreprises et les chercheurs qui ont donné le visage et retrouver la compétitivité d'une industrie stratégique dont l'Europe était autrefois un leader, car, aujourd'hui, nous sommes loin d'être autonomes dans le domaine pharmaceutique: seuls 60 % des médicaments que nous consommons sont produits dans l'Union européenne et 80 % des principes actifs proviennent de Chine et d'Inde. Pour retrouver ce leadership, nous devons, tout d'abord, fournir à l'industrie une sécurité juridique suffisante pour l'encourager à investir le temps et les énormes ressources nécessaires pour développer de nouveaux médicaments. Et la protection des PME innovantes est essentielle car, après tout, depuis de nombreuses années, leur seul atout est la propriété intellectuelle. Nous devons également nous concentrer sur les technologies du futur, les nanotechnologies, la thérapie génique, l’intelligence artificielle et la création d’un espace européen des données de santé qui reflète l’excellence de nos systèmes de santé. Mon deuxième point m'amène à des médicaments qui ne sont pas rentables, comme la pédiatrie ou ceux qui traitent des maladies comme la SLA. De l'Europe, nous n'oublions pas ceux qui souffrent de ces maladies, et c'est là que nous devons résoudre les défaillances du marché, miser sur un système d'incitations qui fonctionne et, surtout, soutenir la recherche par des investissements publics. Utilisons les plans de relance, les fonds de cohésion et les programmes d’innovation tels qu’Horizon Europe. Bien sûr, nous devons placer le citoyen au centre de tout ce débat. L'Europe à deux vitesses doit être évitée à tout prix. Un exemple très illustratif: un patient d’aujourd’hui, dans le nord de l’Europe, met en moyenne entre 100 et 200 jours pour avoir accès à un nouveau médicament; le même patient en Europe de l'Est prendrait entre 600 et 1000 jours. Nous devons nous attaquer à ce problème parce que, dans le domaine de la santé, ces disparités coûtent des vies. Enfin, cette stratégie doit servir à tirer les leçons des erreurs du passé, à faire en sorte que nous soyons prêts à faire face aux crises futures, et le moment est venu pour la Commission de présenter un mécanisme d’alerte précoce afin d’éviter les pénuries de médicaments et de miser sur des solutions administratives qui se sont révélées utiles, telles que des approbations rapides ou l’achat conjoint de matériaux critiques. Continuons à montrer que l'Union européenne apporte des solutions. Chers collègues, l'Europe est le continent où l'espérance de vie est la plus élevée, une grande réussite qui en dit long sur nos systèmes de santé et pharmaceutiques. Il est essentiel d'assurer la pérennité de ce système et que la prochaine crise sanitaire nous permette d'accomplir les tâches qui nous incombent. C'est la meilleure faveur que nous puissions faire pour les générations futures.