Monsieur le Président, permettez-moi tout d'abord de féliciter mon collègue Nacho Sánchez Amor pour ce rapport et de saisir cette occasion pour m'adresser aux autorités turques en tant que rapporteur pour les personnes disparues à Chypre lors des affrontements intercommunautaires de 1963-1964 et de l'invasion turque de 1974. Je suis témoin des souffrances des familles chypriotes grecques et chypriotes turques, près d'un demi-siècle après les derniers événements et alors que 769 Chypriotes grecs et 200 Chypriotes turcs sont toujours portés disparus. Ils sont tous victimes et souffrent tous de la même douleur. Il s'agit d'une question humanitaire. Il n'y a pas de place pour les divisions. J'appelle donc les autorités turques à divulguer les informations cruciales des archives militaires et à accéder aux terres et aux zones clôturées afin de procéder à l'exhumation, à l'identification et à la restitution des restes aux familles. Le temps est notre plus grand ennemi. Il est urgent d'agir rapidement. L'histoire ne nous pardonnerait pas.
Accord UE-Tunisie - aspects liés à la politique migratoire extérieure (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Monsieur le Ministre, après avoir écouté les représentants légitimes des citoyens européens, nous n'avons qu'une seule conclusion: cet accord sur la politique migratoire avec la Tunisie doit cesser immédiatement. Au cours des six dernières années, l'Union européenne a investi plus de 6 milliards d'euros dans de tels accords avec les pays voisins. Quel est le résultat? 25 000 morts, plus de 25 000 morts en Méditerranée! Ce genre d'accords ne sauve pas des vies. De tels accords condamnent des vies. Et cet accord avec Saied est de renforcer sa dictature, son régime autocratique et de condamner plus de migrants à mort, à la plus vile violation des droits de l'homme, à l'abandon dans le désert.
Madame la Présidente, seuls les Vénézuéliens et les Vénézuéliens, tous les Vénézuéliens et tous les Vénézuéliens, devront décider de l'avenir de leur pays lors d'élections équitables, inclusives et transparentes. C’est la contribution que la mission d’observation électorale de l’Union européenne a tenté d’apporter en 2021 au moyen de 23 recommandations et de 23 étapes clés vers des élections libres et équitables en 2024. J'avais la responsabilité d'être le chef de cette mission et c'est précisément sous cette responsabilité que je suis ici aujourd'hui pour lancer un appel à tous les Vénézuéliens, pour qu'ils s'unissent, pour discuter des conditions de la tenue d'élections en 2024 et pour trouver une solution définitive pour leur pays. Parce que le Venezuela ne peut pas continuer cette impasse. Les conditions humanitaires ne peuvent pas continuer à s'aggraver et nous ne pouvons pas continuer à voir les Vénézuéliens devoir quitter leur pays.
La nécessité d'une action de l'Union en matière de recherche et de sauvetage en Méditerranée (débat)
Madame la Présidente, en 2019, nous étions ici en plénière pour un débat identique, un débat identique, également motivé par une autre tragédie en Méditerranée. Depuis lors, plus de 10 000 vies ont été perdues. Et la seule question que nous avons ici, mesdames et messieurs, c'est: Combien de temps? Combien de temps un groupe de pays riches et développés attachés à la protection des droits de l'homme continuera-t-il à fermer les yeux sur cette tragédie et à laisser cette situation sans solution? Combien de temps resterons-nous sans mission de recherche et de sauvetage en Méditerranée, coordonnée entre les différents pays et Frontex? Combien de temps allons-nous continuer à criminaliser les organisations non gouvernementales, qui sont souvent la seule réponse de sauvetage, opérant en Méditerranée par manque de présence étatique? C'est à nous, Mesdames et Messieurs, de mettre fin à cette honte, parce que ce dont nous parlons est vraiment une honte pour nous tous.
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, je me réjouis de constater le large consensus qui s'est dégagé au cours du débat sur ce rapport, consensus qui a été constaté tout au long de la discussion et qui a permis au texte d'être aussi complet qu'il l'est et de contemporanéiser les solutions les plus diverses. Comme le commissaire l'a dit à juste titre, l'Albanie a procédé à de sérieuses réformes, des réformes très importantes qui sont importantes non seulement pour le processus d'adhésion, mais aussi pour la qualité de vie de sa population et pour la qualité de sa démocratie et de son état de droit. En ce qui concerne la démocratie et l’état de droit, je voudrais me faire l’écho des préoccupations exprimées par plusieurs collègues de différents groupes à l’égard du maire Beleri. C'est une affaire qui est suivie par les instances judiciaires albanaises et nous devons, dans le plus strict respect de la séparation des pouvoirs, respecter celles qui sont des décisions judiciaires. Toutefois, je laisse ici l'assurance personnelle à tous mes collègues de tous les groupes parlementaires que je suivrai personnellement l'évolution de cette affaire et veillerai à ce que les principes de l'état de droit soient scrupuleusement respectés. Et je pense qu'avec cette garantie et avec cette approche franche et directe du problème, toute autre discussion qui dépasse la temporalité de ce rapport et qui ne devrait pas rester dans ce rapport devrait être corrigée. J'espère que mon appel et ma détermination à régler le problème seront pris en compte et que nous serons en mesure d'aborder cette question de manière cohérente et uniforme.
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, permettez-moi de m'adresser à vous tous et, ce faisant, au peuple albanais qui, avec courage et détermination, a persévéré sur la voie européenne. L'année dernière, lorsque nous avons débattu de ce rapport annuel, nous avions devant nous une image très différente de celle que nous avons aujourd'hui, beaucoup plus sombre, compte tenu de la situation d'injustice qui a entraîné le report consécutif de la première conférence intergouvernementale. Aujourd'hui, après cette phase, nous faisons face au présent et à l'avenir avec un nouveau souffle. Le processus de dépistage progresse rapidement et devrait être atteint en un temps record de 13 mois. Compte tenu du niveau d'engagement et de réactivité démontré et de la nécessité de rattraper le temps perdu en raison des problèmes d'autres personnes, le présent rapport présente l'année 2030 comme l'objectif pour achever le processus d'adhésion. Il n'y a pas de temps à perdre. Ce rapport couvre un large éventail de réformes en cours et formule des recommandations dont nous estimons qu'il est important de tenir compte. Il est important de poursuivre sur la voie des réformes dans le domaine de l’état de droit et de la justice, afin de se remettre des retards dus à la diminution des ressources humaines que le vérification l’accès des citoyens à la justice s’est amélioré. La lutte contre la corruption et la criminalité organisée est permanente et sans cesse difficile. La SPAC a réalisé des progrès importants dans un processus qui doit être poursuivi pour renforcer la transparence des institutions et la démocratie. Nous notons les avancées législatives sur la protection des minorités, mais elles doivent avoir une réelle traduction dans la protection et l'inclusion des populations LGBTQI+, roms et égyptiennes. En ce qui concerne la liberté de la presse, nous soulignons l'importance du retrait de la loi contre la diffamation, mais soulignons la nécessité de promouvoir une plus grande protection des journalistes et de promouvoir la liberté et l'indépendance de leur pratique professionnelle. En ce qui concerne la politique environnementale, nous notons l’accélération de la diversification des sources d’énergie et de la transition vers les énergies renouvelables, solaires et éoliennes, ainsi que la mise en œuvre rapide du train de mesures de soutien de l’Union européenne en faveur des Balkans occidentaux à cet égard. Nous nous félicitons de la création du parc national de la rivière Vjosa, le premier du genre en Europe, mais nous appelons au renforcement des politiques environnementales. Nous devons exiger cela. En ce qui concerne la politique étrangère, nous ne devons pas oublier, à un moment critique comme celui que nous traversons, que l'Albanie s'est révélée être un partenaire fiable et alignée sur la politique étrangère et de sécurité de l'Union européenne, y compris dans son rôle de membre du Conseil de sécurité des Nations unies. Mesdames et Messieurs, la jeunesse jouera un rôle important dans l'avenir européen de l'Albanie et il est donc essentiel de l'impliquer dès maintenant dans la prise de décision. Le processus d'adhésion représente la construction d'un projet de société auquel chacun doit être convoqué: les organisations de la société civile et les particuliers. Ce processus exige également le renforcement du dialogue entre les partis et à l'intérieur de ceux-ci, en surmontant la polarisation qui a marqué la vie politique du pays et qui l'a conditionné. Le processus est en cours et des réformes sont en cours de mise en œuvre, mais il est temps d'aller au-delà du respect trivial des engagements. Il est temps de faire plus et mieux et de construire une vision inspirante de l’avenir européen de l’Albanie.
Détérioration des libertés fondamentales à Hong Kong, notamment le cas de Jimmy Lai
Monsieur le Président, le rouleau compresseur de Xi Jinping ne ralentit pas dans l'écrasement de toutes les formes de liberté et de droits de l'homme. Partis pro-démocratie, journalistes, militants, médias tels que le Apple Daily et Stand Nouvelles, les organisations de la société civile, rien ni personne à Hong Kong n'est épargné par la répression de Pékin. La loi sur la sécurité nationale a été un instrument utile entre les mains du régime pour la production du plus grand arbitraire, mettant fin au principe «un pays, deux systèmes» et violant la Déclaration commune sino-britannique, un processus qui est également reproduit à Macao, en violation flagrante de la Déclaration commune sino-portugaise. Jimmy Lai risque la réclusion à perpétuité dans une affaire judiciaire sans garanties d'impartialité. Nous demandons leur libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que Chow Hang-tung, Albert Ho et toutes les victimes de détention arbitraire. L'Union européenne ne peut pas se taire ou fermer les yeux, pas plus qu'elle ne peut se taire ou fermer les yeux dans le cas de Joseph John, avec une double nationalité, portugaise et chinoise, et le premier citoyen de l'Union européenne victime de la toile de persécution que la loi sur la sécurité nationale aide à tisser. Nous exigeons l'abrogation de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong ainsi qu'à Macao et réitérons l'appel lancé au Conseil pour qu'il active le régime européen de sanctions en cas de violations des droits de l'homme à l'encontre de John Lee et d'autres responsables de Hong Kong et de la République populaire de Chine.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, la corruption endémique, le système politique basé sur la division bloquée du pouvoir entre les religions, la faillite du système bancaire, l'impunité instaurée ont conduit le Liban au chaos le plus complet de ces dernières années. Sans président et avec un gouvernement de transition, quand il est urgent de garantir l'intervention du FMI et de mettre en œuvre un programme de relance économique, celui qui, dans le passé, était considéré comme la Suisse du Moyen-Orient, voit actuellement 82% de sa population dans la pauvreté et avec un accès à seulement deux à trois heures d'électricité par jour, ce qui bloque l'économie, paralyse les écoles et les hôpitaux qui font face à des pénuries de médicaments et de professionnels qui ont déjà quitté le pays. L'aide humanitaire dans un tel cadre, et lorsque le pays accueille environ un million et demi de réfugiés syriens, est très importante. Mais ce n'est pas suffisant, Monsieur le Commissaire, comme vous l'avez dit à juste titre, ce n'est pas suffisant. Des réformes doivent être exigées et des signes clairs doivent être donnés que nous ne faisons pas de compromis avec ceux qui détruisent la vie des Libanais. Nous connaissons leurs noms, nous avons les mécanismes en main, c'est à nous d'agir, parce que le pays ne peut plus attendre.
C’est l’Europe - Débat avec le président chypriote, Nikos Christodoulides (débat)
Madame la Présidente, parler de l'avenir, d'un avenir de réunification et de réconciliation, c'est aussi regarder vers le passé et guérir les blessures du passé. Je viens donc ici pour parler des 2 000 Chypriotes disparus en 1963, dans les affrontements tragiques entre communautés, et en 1974, au moment de l'invasion turque. Après tout ce temps, on ignore toujours où se trouvent 772 Chypriotes grecs et 200 Chypriotes turcs. Dans cette affaire, il n'y a de place ni pour l'indifférence ni pour les divisions d'aucune sorte. Les Chypriotes approchent de la fin de leur vie, tourmentés par la douleur de la disparition de parents, d'amis et de voisins, sans avoir eu l'occasion de pleurer. Il est urgent de lutter contre le temps, de faire tomber les barrières et, en s'appuyant sur les travaux du Comité des personnes disparues à Chypre, de clore ce sombre chapitre. Je sais qu'il s'agit de votre engagement personnel et politique, alors j'aimerais que vous nous donniez une perspective sur la résolution de ce conflit.
Agence de l’Union européenne pour les questions liées aux drogues (brève présentation)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, 30 ans après la création de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies et 28 ans après son entrée en fonction, nous marquons ici une réussite reconnue et franchissons une dernière étape vers la création de l'Agence de l'Union européenne pour les drogues. Relever les défis que nous posent des dynamiques de marché et de consommation de plus en plus complexes, qui nécessitent une nouvelle capacité d'intervention et de conception des politiques. Mais permettez-moi tout d’abord de souligner – parce qu’il est juste de le faire – l’attitude coopérative et constructive des rapporteurs fictifs, ainsi que les efforts de convergence déployés par les trois institutions – le Parlement, la Commission et le Conseil – qui nous ont permis de parvenir à cet accord provisoire, définissant le mandat de la nouvelle Agence de l’Union européenne pour les drogues. Un mandat renforcé, axé sur une approche intégrée et multidisciplinaire de ce phénomène, du point de vue de la complexité de la dynamique du marché et des consommateurs, de la santé, du traitement, de la réinsertion sociale et de la sécurité. À l'heure où l'augmentation des médicaments disponibles, la variété croissante des moyens de circulation et de commercialisation et même l'évolution des zones de production nous placent devant la demande de réponses plus efficaces et de compétences accrues pour anticiper les scénarios, nous créons ici une nouvelle agence où les questions relatives à la santé, à la prévention, au traitement et à la réinsertion sociale vont de pair, comme l'a demandé le Parlement européen. Il convient de souligner qu'une agence est dotée d'une capacité accrue à associer la société civile, ce qui constitue une valeur ajoutée manifeste dans l'accomplissement de sa mission. La nouvelle agence disposera d’un budget plus solide, comme cela a été nécessaire de longue date, d’une plus grande allocation des ressources humaines, d’une plus grande autonomie et d’une plus grande capacité d’action. Le renforcement du réseau de points focaux permettra d'élargir la collecte et l'analyse des données, la production d'informations, ainsi que la détection de nouvelles dynamiques de marché et de consommation et l'émission d'alertes précoces. De cette façon, nous avançons résolument vers l'approfondissement d'une approche pragmatique, équilibrée et scientifiquement fondée, que nous avons mise en place depuis 28 ans. L’Observatoire a été un outil essentiel pour mettre en place des réponses intégrées et durables au niveau de l’Union et des États membres, ainsi que pour attester de sa réputation à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union européenne. Et l'Agence continuera de le faire de manière renforcée, et les conditions sont en train d'être créées pour une plus grande coopération internationale, avec laquelle nous avons tous beaucoup à gagner. Je suis convaincu que l'Agence, en augmentant la capacité de mettre des informations scientifiques à la disposition des institutions européennes et des États membres, contribuera à des progrès significatifs dans les politiques publiques, en les rendant plus efficaces et efficientes pour répondre aux besoins présents et futurs. Le calendrier de l'approbation de cet accord provisoire est sans aucun doute extrêmement satisfaisant, mais notre travail ne s'arrête pas là. Une agence à l’épreuve du temps qui remplit pleinement son mandat aujourd’hui nécessitera la mise en œuvre effective de sa réglementation. C'est une tâche pour nous tous, à la fois dans le contrôle de l'Agence ici au Parlement et par l'intermédiaire des représentants que nous avons nommés à son conseil d'administration. Faisons-le!
Myanmar/Birmanie, notamment la dissolution de partis politiques démocratiques
Madame la Présidente, au Myanmar, les massacres, les arrestations arbitraires, la torture, les violences sexuelles, les restrictions sévères à la liberté de réunion et d'expression, les exécutions en détention, rejoignent désormais, plus récemment, la dissolution de plus de 40 partis politiques et l'appel imminent à des élections fantoches pour légitimer un régime absolument antidémocratique et absolument criminel. Face à cela, il ne reste pas grand-chose à dire de plus. Nous ne pouvons qu'espérer que l'Union européenne et la Commission, qui représentent l'exécutif de l'Union européenne, prendront des mesures pour sanctionner la junte militaire. Nous ne pouvons pas continuer sans sanctionner. Je commence à être un peu sceptique quant à l'application des sanctions, mais dans ce cas, Monsieur le Commissaire, je ne suis pas du tout sceptique quant à l'application des sanctions. Nous devons sanctionner la junte militaire et soutenir la société civile pour tenter d'inverser cette situation vraiment incontrôlable.
Externalisation des demandes d'asile et subordination du financement des pays tiers à la mise en œuvre d’accords de retour (débat d'actualité)
(EN) Madame la Présidente, le sujet porté à notre attention aujourd'hui est absolument dégradant et regrettable et est promu par une extrême droite dont la rhétorique incendiaire et toxique devrait nous embarrasser tous. Les migrants et les réfugiés ne sont pas des marchandises. Ce sont des gens. Ils ne sont pas une monnaie d'échange et notre politique étrangère et notre politique de coopération et de développement ne sont pas une politique d'échange en ce sens. Nos valeurs, les valeurs de solidarité, la défense de la dignité humaine, la défense du droit d'asile ne sont pas à vendre. Chers collègues, à ceux qui, ici et à l'étranger, cherchent à imposer le récit de la haine, de la peur et à capter ainsi l'opinion publique, nous disons: Ils ne passeront pas. Au nom de la solidarité, de la protection et de l'accueil pour ceux qui cherchent une opportunité de vivre en sécurité et dans la dignité: Ils ne passeront pas!
La nécessité d'une solidarité européenne pour sauver des vies en Méditerranée, en particulier en Italie (débat)
Monsieur le Président, l'Organisation internationale pour les migrations révèle que le premier trimestre de cette année a été le plus meurtrier de la Méditerranée depuis 2017. En trois jours, 3 000 personnes ont récemment débarqué au large des côtes italiennes. Une crise migratoire, comme Meloni et Salvini et l'entreprise veulent le faire croire? Non, non. L’entrée et l’accueil sans heurts de millions de réfugiés ukrainiens sur le sol de l’UE depuis 2022 sont la preuve que ce n’est pas le cas. Mais oui, nous avons une crise humanitaire, et surtout une crise de volonté politique et une crise des valeurs humanistes sur lesquelles nous sommes fondés. La criminalisation du sauvetage, la déclaration de l'état d'urgence pour accélérer l'expulsion des immigrés, les murs défendus par M. Weber, ne pourront jamais arrêter la traversée en mer de personnes désespérées. La solidarité n'est pas une option. C'est un devoir. Si nous ne sommes pas en mesure de lancer une opération européenne de recherche et de sauvetage fondée sur la solidarité obligatoire, l'accueil et la protection de ceux qui cherchent une occasion de vivre en sécurité et dans la dignité, nous serons tous coupables.
Monsieur le Président, soyons sérieux: La crise dont nous discutons aujourd'hui n'est rien d'autre que la pointe de l'iceberg d'une crise énorme qui s'est installée au Pérou depuis des décennies. C'est une crise qui a éclaté face à l'instabilité générée par la déposition de Castillo et la montée de Baluarte, mais qui a derrière elle la révolte du peuple contre la corruption endémique, contre les inégalités, contre la pauvreté structurelle, contre le centralisme de Lima, contre l'exclusion des populations indigènes et l'abandon généralisé des populations par une élite politique aliénée de la réalité du pays et haïe par son peuple. Et nous devons faire face à ce problème clairement. Et face à la violence qui a éclaté et fait 68 morts, cette violence ne peut pas continuer à être soutenue par l'impunité qui nourrit la méfiance de la population envers les institutions. Par conséquent, notre rôle en tant qu'Union européenne doit être de continuer à soutenir le renforcement des institutions et à soutenir les progrès vers des élections surveillées par la communauté internationale, en plus d'enquêter sur les actes de violence qui se sont produits.
Cambodge: le cas du chef de l'opposition Kem Sokha
Monsieur le Président, la situation au Cambodge se détériore de jour en jour. Les militants sont espionnés et arrêtés, les organisations non gouvernementales sont criminalisées, les médias sont fermés, les syndicalistes, les militants et les journalistes sont persécutés et arrêtés. La censure s'étend aux médias sociaux, les citoyens étant détenus pour le contenu de leurs publications et messages contre le régime Hun Sen, qui règne depuis quatre décennies. Kem Sokha, ancien dirigeant du Parti pour le salut du Cambodge, a été détenu arbitrairement en 2017 et est maintenant condamné à 27 ans de prison pour trahison et conspiration avec les États-Unis dans le cadre d'un procès à motivation politique dans un pays qui imite le régime chinois. Nous appelons à la libération immédiate de Kem Sokha et de tous les prisonniers politiques, et à la suspension par l'Union européenne de tous les avantages du régime "Tout sauf les armes".
Orientations de l'Union européenne concernant les défenseurs des droits de l'homme (débat)
Madame le Président, cinq ans se sont écoulés depuis l'assassinat de Marielle Franco, une jeune militante brésilienne qui défend les droits des minorités et des plus pauvres. Partout dans le monde, les défenseurs des droits de l’homme font l’objet d’arrestations arbitraires, de tortures et de campagnes de désinformation, et on estime que plus de 1 700 personnes ont été tuées entre 2012 et 2022. La prolifération des régimes autoritaires et le fait que 75 % de la population mondiale ait connu une détérioration de la situation des droits de l’homme dans leur pays en difficulté au cours de l’année écoulée nous montrent que la protection des militants nécessite des réponses de plus en plus globales et concertées sur le plan multilatéral. Plus que jamais, ces lignes directrices sont nécessaires. L'Union européenne ne peut se départir de son rôle mondial et de sa présence dans le monde, et ses délégations devraient être des acteurs actifs dans ce domaine. Les dialogues sur les droits de l'homme doivent cesser d'être de simples soliloques diplomatiques. Nous devons être plus efficaces et traiter ces cas.
Madame la Présidente, comme l'a déjà mentionné le rapporteur Zovko, que je salue, depuis 2018, il n'y a pas eu de rapport sur les relations entre l'Union européenne et l'Azerbaïdjan, mais, sous le régime autoritaire de la famille Aliyev, peu ou rien n'a changé en Azerbaïdjan. Parler de l'état de droit reste un mirage face à un système judiciaire contrôlé et obéissant. Les violations des droits de l'homme s'additionnent. La répression et la détention arbitraire de militants, d'opposants politiques et de journalistes se poursuivent, une situation qui s'aggrave lorsque nous parlons de femmes, de militants et de journalistes, ou d'attaques contre les droits de la population LGBTQI. Une attitude musclée contraste clairement avec l'incapacité de dégager le couloir de Lachin, bloqué par les soi-disant écologistes. Une autre provocation, dans le but de détériorer les conditions de vie de la population arménienne de Haut-Karabakh. Les provocations constantes, qui portent atteinte à la souveraineté de l'Arménie et provoquent la résurgence du conflit dans cette région, l'assujettissement des prisonniers de guerre à la torture et à des actes d'humiliation, et les exécutions extrajudiciaires de civils et de militaires arméniens constituent des violations du droit international qui ne peuvent être tolérées. Il est impératif de trouver une solution de paix durable à ce conflit armé, en mettant fin à la dévastation et aux souffrances prolongées de la population. Nous appelons donc à l'abandon de la rhétorique belliciste, au déblocage du corridor de Latchine et au retour au strict respect des principes de l'Acte final d'Helsinki et des principes fondamentaux du Groupe de Minsk de l'OSCE. Et nous nous félicitons de la mission de l'Union européenne récemment envoyée pour contribuer à stabiliser la situation en matière de sécurité et à renforcer les efforts de paix. Toutefois, Monsieur le Commissaire, dans un cadre comme celui-ci, il est évident que tout approfondissement des relations de l'Union européenne avec l'Azerbaïdjan doit être subordonné au respect des principes de la démocratie et des droits de l'homme et à une attitude positive à l'égard de l'instauration des conditions de paix dans la région. Si nous ne sommes pas en mesure d'apprendre de l'histoire lointaine, Monsieur le Commissaire, il est bon que nous apprenions du présent et que nous évitions la prolifération d'erreurs qu'il nous appartient à nous seuls d'éviter.
C’est l’Europe - Débat avec Gitanas Nausėda, président de la Lituanie (débat)
Madame la Présidente, Monsieur Nausėda, permettez-moi tout d'abord d'exprimer ma gratitude pour la manière courageuse et déterminée dont la Lituanie a défendu les valeurs européennes contre les régimes autocratiques, non seulement de Poutine et de Loukachenko, mais aussi, et c'est bon à dire, de Xi Jinping. C'est vraiment un exemple pour beaucoup d'autres pays de l'Union européenne. Cependant, je dois dire que j'étais en Lituanie il y a exactement un an et j'ai pu être témoin des conditions inhumaines auxquelles les migrants et les demandeurs d'asile du Moyen-Orient, d'Asie et d'Afrique ont été soumis après avoir été utilisés par Loukachenko comme armes de tir. Un an plus tard, beaucoup de ces personnes ont été libérées et les conditions se sont améliorées, nous le savons. Cependant, Médecins Sans Frontières a dû fermer ses activités en raison des restrictions qui leur ont été imposées et avertir que plus de 8 000 cas se sont produits en 2022. push-backs commis par les gardes-frontières lituaniens, qui continuent de se produire. Monsieur le Président, les violations des droits de l'homme et du droit international ne peuvent être combattues par davantage de violations des droits de l'homme et de violations du droit international. Je suis sûr qu'ils pourront avoir le même degré d'humanité à l'égard des réfugiés d'autres pays qu'à l'égard des réfugiés d'Ukraine.
Les nouvelles répressions à l’encontre du peuple biélorusse, en particulier les cas d’Andrzej Poczobut et d’Ales Bialiatski (débat)
Monsieur le Président, Mme Gregorová vient d'aborder le point fondamental de tout ce débat. Il s'agit déjà de la sixième résolution dont nous discutons ici depuis 2020. Et que se passe-t-il? Loukachenko continue d'opprimer son peuple et de s'allier à Poutine dans la guerre en Ukraine. Nous continuons d'appeler à des sanctions, à davantage de sanctions. Et que fait la Commission? Que fait le Conseil? Nous ne pouvons plus attendre et nous sommes en effet engagés et engagés sur la seule voie qui nous semble juste: davantage de sanctions contre Poutine et sa marionnette Loukachenko, tout en les tenant responsables des violations des droits de l'homme et des crimes contre l'humanité qu'ils ont commis ensemble. La violence contre le peuple biélorusse et le peuple ukrainien ne doit pas rester impunie. Et une fois de plus, nous élevons nos voix aujourd'hui pour soutenir le journaliste Andrzej Poczobut, qui a été condamné à huit ans de prison, et le prix Nobel Ales Bialiatski, qui est sur la même voie et dont nous attendons la peine, mais aussi tous les plus de 1 400 prisonniers politiques en Biélorussie. Je me souviens ici du cas de Palina Panasiuk et d'autres femmes détenues dans le nouveau goulags Existant en Biélorussie... (Le Président prend la parole après l'orateur.)
Violence à l'encontre des militants de l’opposition en Guinée équatoriale, notamment le cas de Julio Obama Mefuman
(EN) Madame la Présidente, en Guinée équatoriale, les atteintes aux libertés fondamentales victimisent les opposants et les militants, qui ont été enlevés, détenus, torturés et assassinés par le régime dictatorial d'Obiang, au pouvoir depuis 1979. Julio Obama Mefuman a été arrêté en 2019 et est mort dans l'une des prisons de Guinée équatoriale. Il était l'un des plus de 500 prisonniers politiques dans ce pays. Il avait également la nationalité espagnole et est mort aux mains du pouvoir politique d'un pays membre de la Communauté des pays de langue portugaise depuis 2014, sans respecter ses engagements en matière de réforme. À la honte et à l'indignation de tous ceux qui aiment la démocratie et parlent portugais comme moi. Nous ne devons pas fermer les yeux sur l'oppression, la perpétuation des violations des droits de l'homme et la peine de mort en Guinée équatoriale. Nous exigeons le rapatriement du corps de Julio Obama et la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, et que l'Union européenne agisse pour protéger ses citoyens des actions de la Guinée équatoriale, qui viole les droits de l'homme.
L’érosion de l’état de droit en Grèce: le scandale des écoutes téléphoniques et la liberté des médias (débat d'actualité)
Madame le Président, ce débat ne nous permet pas d'être empêtrés dans la naïveté ou le laxisme. Il est absolument clair la dérive autoritaire de Mitsotákis et son implication dans l'utilisation de Predator contre Nikos Androulakis et d'autres opposants politiques, journalistes et militaires. La chute brutale de 38 positions subie par la Grèce dans le classement La liberté de la presse de Reporters sans frontières est l'une des réflexions de la régression du pays sur la liberté de la presse et l'Etat de droit. En plus de cela, il y a la corruption et une série de réformes qui ont affecté l'indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme des médias et l'espace pour la société civile. C'est une voie regrettable et absolument dangereuse. Et maintenant, Monsieur le Commissaire, face à tout cela, ce que je demande, c'est: la Commission restera-t-elle mêlée à un échange de lettres ou déclenchera-t-elle l'article 7? Quand allons-nous déclencher l'article 7? C'est la grande question, Monsieur le Commissaire.
Monsieur le Président, douze ans se sont écoulés depuis la fin de la révolution du jasmin. La force du peuple a fait de la Tunisie, en cette période, synonyme d'espoir pour nous tous. Cependant, d'il y a un an et demi à cette partie, la désillusion est claire. Les manœuvres politiques du président Saïed, l'arrogance des pleins pouvoirs et le limogeage du Parlement, ont mis fin au rêve tunisien. Le mécontentement populaire s'est clairement reflété dans la participation aux dernières élections législatives, boycottées par une bonne marge de partis politiques. Seulement 11% de l'électorat a voté. Il n'y a aucun doute sur le découragement des Tunisiens. Le manque de respect des valeurs démocratiques et le manque de sens de l'État ont ajouté à la faiblesse économique du pays et ont définitivement mis en péril son avenir. L'avenir, qui était autrefois de bon augure, devient de plus en plus lointain. C'est donc à nous, Monsieur le Commissaire, de vous demander très clairement: comment l'Union européenne entend-elle se positionner par rapport à l'avenir du pays, en indiquant clairement que tout soutien de l'Union européenne est en mesure de le faire? Et que ces conditions sont le respect des valeurs démocratiques et le respect des droits de l'homme.
Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique: adhésion de l'UE (suite du débat)
(EN) Madame la Présidente, je dois commencer par exprimer mon choc à l'égard de certains discours prononcés ici aujourd'hui. Il n'y a pas de beauté dans la violence, l'humiliation et la souffrance de qui que ce soit, sous quelque forme que ce soit. Nous ne pouvons pas normaliser la violence sexiste. Nous devons la criminaliser dans l'Union européenne et ce sera notre prochaine étape. Mais d'ici là, nous avons la Convention d'Istanbul, qui se présente comme un outil juridique fondamental dans la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique. Sa ratification est donc une obligation non seulement pour les pays qui ne l’ont pas encore fait – en tant qu’États membres de l’Union européenne – mais aussi pour l’Union européenne elle-même, et dans des cas intolérables tels que la Pologne, qui, après avoir interdit l’avortement, a immédiatement annoncé son retrait de la convention. Monsieur le Commissaire, nous devons partir d'ici avec des signaux politiques clairs. Le progrès que désire la majorité ne peut en aucun cas être entravé par l'inertie et l'indifférence de certains. Nous le devons à toutes les victimes.
Réponse de l'Union à la situation humanitaire consécutive aux séismes en Turquie et en Syrie (débat)
Madame la Présidente, je commencerai par exprimer mes condoléances aux peuples turc et syrien et ma reconnaissance pour l'excellent travail accompli par tous ceux qui fournissent actuellement une aide humanitaire sur le terrain. Dans mon pays, nous disons qu'une honte ne vient jamais seule, et dans le nord-ouest martyrisé de la Syrie, ce tremblement de terre est venu s'ajouter à la dévastation générée par 12 ans d'une guerre qui a causé une traînée sans fin de mort, de destruction et d'extrême pauvreté. C'est précisément là, où 90 % de la population a besoin d'aide humanitaire, que l'aide internationale fait le plus défaut. Il est important de rétablir les deux couloirs humanitaires en Syrie et d'étendre Bab al-Hawa pour transporter les survivants. Mais ce n'est pas suffisant et ce n'est pas là que se trouve le problème. Le problème réside dans la volonté politique et dans l'intervention rapide, en nous mobilisant dans l'aide nécessaire. L'aide humanitaire ne peut pas être prise en otage par les chefs de guerre. Nous ne pouvons pas abandonner ceux qui se trouvent dans des conditions particulièrement vulnérables en Syrie, qu'il s'agisse de Kurdes, de personnes déplacées à l'intérieur du pays ou de réfugiés palestiniens. C'est une question d'humanité.
Madame le Président, après l'effondrement du retrait d'Afghanistan, les seules nouvelles qui nous parviennent sont des nouvelles absolument inquiétantes de ce pays. En décembre dernier, l'accès des femmes à l'éducation a été définitivement interdit. L'exclusion des femmes des universités et l'interdiction faite aux jeunes Afghans de fréquenter l'école constituent une violation flagrante du droit à l'éducation. L'interdiction de la participation des femmes au travail a durement frappé l'aide humanitaire dans un pays où le soutien international et non gouvernemental est essentiel à la survie des hommes, des femmes et des enfants. Mais il ne suffit pas que nous soyons ici pour diagnostiquer la situation, nous devons être actifs et unir nos forces avec les Nations unies pour apporter une aide humanitaire à la population, en l'empêchant d'être prise en otage par le régime taliban. Et nous devons également aller de l'avant avec des sanctions ciblées contre les auteurs de violations des droits de l'homme. Mais nous ne devons pas oublier de donner des visas humanitaires aussi aux avocats et à tous ceux qui sont persécutés en Afghanistan et qui ont besoin de ces visas humanitaires.