7
Oct
2021
Regarder
Agence de l’Union européenne pour l’asile (suite du débat)
Monsieur le Président, nous, les Verts européens, réclamions depuis longtemps la création d’une véritable Agence européenne pour l’asile. Que son mandat n’entre pas en vigueur dès son adoption est par contre lourd de sens. Le manichéisme des politiques migratoires européennes est de plus en plus indigeste. Les États membres sont toujours pressés de mettre en œuvre les législations restrictives, mais ils exigent des délais lorsqu’il s’agit de protéger les droits fondamentaux des exilés. On double le budget de Frontex, malgré les nombreux faits qui lui sont reprochés, mais les États membres négocient jusqu’au bout de minables délais pour la mise en place d’un responsable des droits fondamentaux et d’un mécanisme de plaintes. Forte avec les faibles, faible avec les forts: voici donc la devise de l’Union européenne et de ses États membres. En France, c’est militariser à outrance la frontière avec le Royaume-Uni; laisser survivre dans des conditions indignes entre 1 000 et 1 500 personnes, en majorité des familles, à Calais et Grande-Synthe; harceler, humilier et dépouiller des enfants, des femmes, des hommes; Human Rights Watch dénonce ces conditions une fois de plus dans un rapport ce matin même. En Italie, c’est condamner à quinze ans de prison Mimmo Lucano, l’ancien maire de Riace, qui a voué ses mandats à un accueil digne des exilés, quand un militant d’extrême droite qui a tiré, lui, sur des exilés est condamné à douze ans seulement. Au Danemark, c’est confisquer les biens des réfugiés à leur arrivée dans le pays; c’est offrir des barbelés coupants à la Lituanie pour sa clôture anti-migrants. En Pologne, c’est déclarer l’état d’urgence à la frontière pour mettre une chape de plomb sur un scandale humanitaire et humain: des exilés laissés à l’abandon, sans nourriture, sans abri. Déjà six morts. Combien encore avant que l’Union européenne n’agisse fermement? Si c’est ça, la solidarité européenne, on s’en passera, merci bien. Vous pensez flatter vos électorats, vous ne faites qu’attiser la haine. En France, en Italie, dans toute l’Europe, les citoyens, les bénévoles, les associations sont scandalisés. Ils me le disent, ils nous interpellent. Ils ont honte, moi aussi.