Madame la Présidente, chers collègues, des batteries produites en Europe, réutilisées et recyclées en Europe: voilà notre objectif. Je salue l’adoption de ce règlement européen sur les batteries, qui établit des normes claires pour l’écoconception, la performance environnementale, le recyclage et la réutilisation des batteries. Avec cette loi européenne, l’Europe démontre son engagement à construire une industrie des batteries forte et écologique. Nous faisons également un pas en avant vers notre objectif d’autonomie stratégique. En effet, en favorisant le recyclage et la réutilisation des matériaux critiques, nous réduisons notre dépendance aux importations de ces matières premières. Cela mène non seulement à une utilisation plus efficace de nos ressources, mais contribue également à la création d’emplois et renforce la compétitivité de l’industrie européenne. Maintenant, il est temps de mettre en œuvre ces nouvelles règles et de favoriser l’implantation d’usines de fabrication et de recyclage de batteries partout en Europe. Nous avons déjà commencé, comme en France, dans les Hauts-de-France, avec une véritable vallée européenne de la batterie. Faisons en sorte que cela s’accélère encore.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, j’aurais aimé que les mots «lutte contre la corruption» figurent dans le titre de ce débat. La corruption est en effet un fléau au Liban, au détriment de tout le peuple libanais. Trois ans après l’explosion du port de Beyrouth, les Libanais veulent vivre dans une société où la justice peut faire son travail, où l’État joue la transparence et leur garantit un niveau de vie décent et un fonctionnement de la vie démocratique. À Beyrouth, le mois dernier, j’ai une nouvelle fois constaté la résilience des Libanais, leur optimisme, leur capacité à se reconstruire. Mais j’ai aussi vu un système à bout de souffle, au bord de l’agonie, où seuls les plus riches sont capables de tenir. Chers collègues, qu’attendons-nous pour réagir fermement face à la corruption qui gangrène ce magnifique pays? Une guerre? Un soulèvement? Une autre explosion encore plus dramatique? Nous devons aider le Liban à sortir de ce système corrompu et débloquer des aides pour son peuple. Les Libanais ont besoin de nous, dès maintenant et sans perdre de temps.
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, chers collègues, l’Europe se dotera de 42,5 % d’énergies renouvelables d’ici 2030. C’est un objectif quasi acté dans la directive sur les énergies renouvelables et bientôt dans cette assemblée, et que nous devons respecter si nous voulons atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. Le stockage est indispensable pour pouvoir utiliser nos énergies renouvelables dans leur entièreté énergétique – j’allais dire sans perdre un seul électron, sans perdre une seule molécule, ce qui est difficile, on le sait, pour le stockage de l’électricité. «La meilleure énergie est celle que nous ne consommons pas», dit-on. Non. Pour moi, la meilleure énergie, c’est celle que nous ne gaspillons pas, car nous avons toujours besoin d’énergie pour faire tourner notre économie. L’Europe doit renforcer son système énergétique pour une meilleure intégration des sources d’énergie locales, renouvelables et non fossiles. J’appelle aujourd’hui à renforcer notre politique sur le stockage avec un objectif chiffré clair, accompagné de mesures concrètes, pour soutenir les Européens et renforcer notre autonomie stratégique. Ces mesures devront aussi favoriser la flexibilité du système électrique au niveau de la demande. Optimisons l’utilisation de notre électricité avec des outils intelligents et innovants. Décarbonation, intégration, stockage et flexibilité: voici, à mon sens, les maîtres mots de l’avenir énergétique de l’Europe.
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers rapporteurs fictifs, chers collègues, en parallèle du travail de réindustrialisation que nous menons en Europe, nous devons également mener un travail sur la numérisation de nos industries, en particulier par une meilleure exploitation de nos données industrielles. Aujourd’hui, de plus en plus d’objets et de produits sont connectés, évidemment, y compris des produits industriels lourds, comme une locomotive de train. Tout cela produit des données qui ne sont pas toujours exploitées à leur maximum. Ce texte que nous votons aujourd’hui permettra de faciliter ce partage des données. Une compagnie ferroviaire, pour reprendre l’exemple du train, pourra par exemple accéder plus facilement aux données des trains qu’elle achète et ainsi réduire le nombre des pannes grâce aux informations récoltées. Et moins de pannes, cela veut dire aussi moins de retards pour les voyageurs. Voilà un exemple, j’allais dire, parmi des milliers d’autres. Accéder plus facilement aux données, cela veut aussi dire un meilleur accès pour les consommateurs. Quand un produit est connecté, il est important que le consommateur puisse utiliser librement ses propres données. Enfin, le Data Act permettra de lever les barrières pour le passage d’un service informatique en nuage à un autre – les fameux clouds. Il n’est pas acceptable qu’un client de cloud soit bloqué chez un prestataire à cause de frais de transfert excessivement élevés. Ce sont des pratiques anticoncurrentielles et il faut pouvoir y mettre fin. Il faut supprimer ces frais et cela, quelle que soit la situation. Chers collègues, nos données, notamment industrielles, ont de la valeur, il faut le rappeler. Il est donc aussi important que les données produites en Europe soient également traitées plus facilement en Europe. Le Data Act va dans ce sens et je m’en réjouis.
Performance énergétique des bâtiments (refonte) (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, parlons chiffres. Au travers de sa loi pour le climat, l’Europe s’est fixé un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % pour 2030. En 2020, l’Europe a déjà réussi à faire baisser ses émissions de 31 % par rapport à 1990. Maintenant, il nous faut encore 24 % en moins de sept ans. Le parc immobilier actuel de l’Union européenne, c’est 36 % des émissions de gaz à effet de serre: plus d’un tiers. En connaissant ces chiffres, mes chers collègues, avons-nous vraiment le choix? Clairement, non. Il nous faut urgemment réduire les émissions de CO2 de nos bâtiments – évidemment, en tenant compte de la réalité de chaque pays. Et c’est ce que propose ce texte. Il est donc temps d’être sérieux sur cette rénovation énergétique des bâtiments. Je vous appelle à soutenir très largement ce texte qui est essentiel pour réduire nos émissions de CO2.
Programme de l’Union pour une connectivité sécurisée 2023-2027 (débat)
Madame la Présidente, je remercie mes collègues pour leurs remerciements, pour leur excellent travail et leurs propositions constructives. Alors, pour répondre un peu aux questions «catch-the-eye» et aux interventions, je suis aussi favorable à des prix abordables pour cet accès à l’internet que nous aurons demain, sans oublier cependant que nous sommes sur un marché libre et qu’imposer des prix fixes, ce n’est pas possible. Je suis par contre heureux de voir que le système IRIS permettra de fournir le service universel dans les endroits les plus reculés, les plus difficiles d’accès, contribuant ainsi à la démocratisation du système pour le plus grand nombre. Alors, pour finir, en conclusion de ces débats, chers collègues, je souhaiterais faire un vœu: que le programme IRIS soit un tournant pour une politique spatiale européenne plus ambitieuse, plus unie et plus cohérente. Alors, une politique spatiale plus ambitieuse, pour moi, c’est notamment davantage de budget européen pour l’espace. L’Europe, c’est un budget cinq fois moins important pour l’espace que celui de nos amis américains. La prochaine révision du cadre financier pluriannuel doit, à ce titre, être l’occasion de mettre plus de moyens dans notre politique spatiale européenne. Ensuite, une politique spatiale européenne plus unie, cela veut dire moins de compétition stérile entre les pays européens et davantage de collaboration, car c’est ensemble que nous réussirons. Enfin, une politique spatiale européenne plus cohérente, cela veut dire avoir une stratégie européenne plus identifiée et des compétences peut-être moins éclatées entre les différents acteurs: l’EUSPA, l’ESA, la Commission, les agences nationales. L’espace est un domaine stratégique dont nous ne parlons sans doute pas assez dans cet hémicycle. Il est temps que cela change. Je voulais, pour terminer, répondre au collègue qui a fait une intervention «catch-the-eye» sur la volonté affirmée. Je citerai un auteur français qui disait: «j’essayerai» n’a jamais rien fait, «je voudrais» a fait de grandes choses, et «je veux» a fait des miracles! Et bien, nous voulons qu’IRIS soit un grand succès européen.
Programme de l’Union pour une connectivité sécurisée 2023-2027 (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, ce moment est historique. Nous allons voter pour de nouveaux satellites européens, qui vont rendre l’Union européenne plus autonome dans l’espace. Des satellites qui serviront à communiquer de manière ultra-sécurisée, qui seront conçus pour être durables et qui seront détenus par l’Union européenne, pour communiquer à la fois partout en Europe, mais aussi dans le monde entier. Des satellites qui pourront aussi aider les alliés et les amis de l’Europe. En effet, imaginez que vous soyez un soldat ukrainien en ce moment, sur le terrain, dans le froid de l’hiver, et là, subitement, votre connexion internet disparaît. Plus moyen de communiquer avec vos camarades ou votre commandement pour partager les informations que vous avez recueillies: quelqu’un a coupé votre connexion. Ce quelqu’un, aujourd’hui, c’est Elon Musk, car la connexion internet était fournie par les satellites de son entreprise privée Starlink. Ce scénario est celui qui se passe en ce moment même en Ukraine, et c’est totalement inadmissible. Nous n’avons pas à dépendre des humeurs d’un seul homme. C’est notamment pour cela qu’il est indispensable que l’Union européenne se dote de ces nouveaux satellites européens IRIS. Alors, en quoi vont-ils consister? En quelques centaines de satellites, qui vont servir à mieux communiquer. Tout d’abord pour les usages gouvernementaux, que cela soit pour nos ambassades, nos pompiers, nos services de secours, nos militaires: tous ont besoin de communications sécurisées pour mener à bien leur tâche, y compris par la cryptographie quantique et post-quantique, et cela dans le monde entier, de la mer Baltique aux Antilles. Deuxièmement, ces satellites serviront directement les citoyens européens. En effet, des services commerciaux seront proposés, permettant de connecter par Internet nos concitoyens qui habitent dans des zones isolées ou reculées. En tant que rapporteur pour le Parlement européen, je suis fier des avancées que nous avons obtenues. Je veux ici chaleureusement remercier mes collègues eurodéputés pour ce travail transpartisan mené en bonne intelligence. Sous notre impulsion, ces satellites européens IRIS seront un exemple mondial en matière de durabilité spatiale et environnementale. Concrètement, ces satellites devront être conçus pour émettre le moins de CO2 possible lors de leur fabrication et de leur lancement. Ils devront prévoir des systèmes pour éviter la production de débris et éviter ainsi de transformer l’espace en une déchetterie géante. Enfin, le fait que ces satellites soient répartis sur plusieurs orbites, à différentes altitudes, permettra de réduire leur nombre. Ici, les satellites IRIS seront un contre-modèle par rapport aux mégaconstellations, constituées de milliers de satellites. Il est possible de faire différemment sans encombrer l’espace, et l’Europe le prouvera. Maintenant, il est temps de mettre en œuvre rapidement ce programme. Pour cela, j’attends une compétition saine et raisonnée entre les acteurs industriels européens. Il est de leur responsabilité de travailler en bonne intelligence pour proposer une mise en œuvre rapide et innovante de ces satellites. Pour conclure, je me réjouis que ces nouveaux satellites européens IRIS renforcent considérablement l’autonomie stratégique de l’Union européenne, avec une vraie impulsion pour notre base industrielle spatiale européenne et des critères stricts d’admissibilité pour garantir la sécurité de ce programme. Après Galileo, le GPS européen, Copernicus, nos yeux sur la Terre, nous avons besoin des satellites IRIS pour permettre à l’Europe de communiquer de manière sécurisée en tout point du globe.
Un marché unique de l'énergie réellement interconnecté pour réduire les factures et maintenir la compétitivité des entreprises (débat d'actualité)
Madame la Présidente, il y a 70 ans, la première assemblée de la CECA se tenait ici à Strasbourg, autour d’un désir commun de paix, pour unir nos forces autour de l’acier et du charbon. Car oui, sans énergie et sans industrie, une société démocratique moderne ne peut pas prospérer. C’est historique, face à la crise, il nous faut repenser notre système énergétique, qui doit être interconnecté, intégré et décarboné. Pour cela, utilisons notre argent public européen à bon escient. Finançons de l’énergie renouvelable et non fossile, produite aux niveaux local et régional, accompagnée d’infrastructures qui nous permettront de la transporter à travers l’Europe. J’appelle la Commission à reconsidérer son idée d’utiliser la nouvelle banque de l’hydrogène pour financer l’importation d’hydrogène. Ne sponsorisons pas la production d’hydrogène à l’autre bout du monde, concentrons nos efforts sur notre propre potentiel d’abord.
Chapitres REPowerEU des plans pour la reprise et la résilience (débat)
Madame la Présidente, l’Europe fait face à une crise dont nous ne mesurons pas encore les conséquences économiques, sociales, géopolitiques et climatiques. Mais nous comprenons déjà l’urgence d’avoir un système énergétique stable et décarboné. Avec ce plan de soutien financier, je me réjouis que la Commission soutienne non seulement les renouvelables, mais aussi – enfin! – les autres énergies décarbonées et non fossiles, comme l’hydrogène décarboné, et, donc, l’énergie nucléaire. Je tiens toutefois à rappeler que ces mécanismes de soutien, que nous créons pour réduire une dépendance énergétique extérieure à l’Europe, doivent avant tout aider à produire en Europe, production européenne à privilégier évidemment avant toute importation. Comptez sur nous pour nous montrer vigilants à cet égard.
Une approche de l'UE en matière de gestion du trafic spatial - Une contribution de l'UE pour faire face à un défi mondial (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, cher Commissaire, notre ciel se remplit de débris spatiaux, et nous ne faisons rien. Chaque année, de nouveaux satellites sont lancés dans l’espace, tandis que d’autres, trop anciens, arrivent en fin de vie et deviennent des débris spatiaux. Par ailleurs, la gestion du trafic n’existe pas vraiment, faute d’identification de tous les satellites, alors que cela devrait être aussi naturel que le contrôle aérien. Avec ce texte, nous exigeons que la Commission européenne propose une loi sur le trafic spatial, et ce avant 2024, tant au niveau réglementaire qu’au niveau capacitaire. Il faut également que l’Union européenne prenne le leadership mondial sur ce sujet au niveau des Nations unies, car, sans coopération internationale, nos efforts pour éviter, entre autres, les débris spatiaux seront vains. Les solutions sont là pour rendre l’espace plus durable. Il est temps de les mettre en œuvre maintenant, sous la direction de l’Europe.
Mise en œuvre de la nouvelle stratégie industrielle actualisée pour l’Europe: aligner les dépenses sur les politiques (débat)
Madame la Présidente, pendant trop longtemps, nous avons négligé notre industrie européenne et nous avons observé sans rien faire la migration de nos entreprises vers des pays lointains. Beaucoup de nos concitoyens reprochent à l’Europe d’avoir laissé faire cela et pire encore, de l’avoir encouragé. Madame la Commissaire, il était temps de se saisir de ce problème de perte de souveraineté européenne industrielle et qui a fortement handicapé notre continent, pendant la crise du coronavirus. Il est temps d’aller plus loin dans la réduction de nos dépendances stratégiques. Certaines actions de la Commission vont dans le bon sens, notamment en ce qui concerne les semi-conducteurs ou l’énergie, surtout à l’heure où notre industrie commence à ralentir sa production pour économiser l’énergie. Mais il faut aller plus vite et plus fort et surtout débloquer davantage de fonds, avec des crédits spécifiques, dans la future révision du cadre financier pluriannuel. Enfin, nous pourrions vérifier, pour toute nouvelle loi, qu’elle ne renforce pas nos dépendances et qu’elle renforce bel et bien notre industrie, si indispensable à l’avenir de nos concitoyens.
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, chers collègues, davantage d’énergie renouvelable partout en Europe: voilà tout simplement ce que nous voulons. De l’énergie solaire, photovoltaïque ou thermique, de l’énergie éolienne, marine ou hydroélectrique, de la biomasse tant que celle-ci est encadrée pour préserver nos forêts, mais aussi de nouvelles technologies innovantes comme l’énergie osmotique. Nous avons besoin de toutes ces sources d’énergies renouvelables et c’est pourquoi, avec mon groupe Renew Europe, nous avons souhaité rehausser nos objectifs. Nous souhaitons notamment porter à 45 % la part des renouvelables dans le mix énergétique européen d’ici 2030 ‒ nous sommes à 22 % pour l’instant. Pourquoi? Car plus nous déployons ces énergies renouvelables, moins nous serons dépendants des énergies fossiles russes et plus cela nous rapprochera de nos objectifs climatiques européens. Le travail a été intense, mais le résultat est là. Pour finir, je veux rappeler qu’il est crucial de continuer à mettre l’accent sur l’innovation, mais également de garantir l’origine des énergies renouvelables tout en offrant des prix abordables aux consommateurs et aux industries. Ce texte en sera le garant.
Monsieur le Président, Monsieur le Vice-Président, chers collègues, la guerre menée par la Russie en Ukraine a révélé notre trop forte dépendance vis-à-vis des produits énergétiques russes. Cet épisode nous montre à quel point il est important de limiter toutes nos dépendances vis-à-vis des importations énergétiques. Notre autonomie stratégique en dépend. Je salue ces premières avancées des négociations sur la révision du marché du gaz, qui est une opportunité pour investir dans les énergies d’avenir telles que les renouvelables, mais aussi l’hydrogène bas carbone d’origine électrolytique, que j’aurais bien aimé voir poussé, Monsieur le Vice-Président, dans la communication REPowerEU, plutôt que de voir poussées les importations d’hydrogène renouvelable, par exemple. Réactiver nos centrales à charbon n’est pas non plus une solution acceptable pour économiser le gaz. Mais pour le stockage du gaz, nous parlons d’une même voix. En deux mois seulement, nous avons réussi à mettre en place une solidarité européenne et un plan de résilience efficace. Continuons donc dans notre action vers l’autonomie énergétique européenne.
Feuille de route du SEAE sur le changement climatique et la défense (débat)
Monsieur le Président, avec les crises environnementales qui s'intensifient, nos forces armées européennes mais aussi nos missions et opérations de l'Union doivent affronter les conditions toujours plus difficiles pour agir. Ces mêmes forces armées sont des consommatrices importantes de combustibles fossiles et leurs émissions ne sont pas incluses dans l'accord de Paris sur le climat, comme le rapporteur l'a relevé. À travers cette résolution, nous appelons donc à ce que les activités militaires prennent toute leur place dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais tout en maintenant évidemment leur efficacité opérationnelle. Pour cela, nous devons avoir une méthodologie commune pour quantifier ces émissions et c'est ce que nous demandons à M. le Haut représentant Borrell. Ensuite, il nous faut réduire l'impact environnemental de nos activités militaires, que ce soit pour les avions, les chars mais aussi les bâtiments militaires. Nous devons investir dans l'efficacité énergétique et dans les nouvelles énergies. J'insisterai sur un dernier point: réduire l'utilisation des combustibles fossiles dans nos forces armées doit permettre de réduire nos dépendances. En effet, nous sommes très dépendants de pays tiers pour ces combustibles fossiles. Nous en passer permet donc de renforcer notre autonomie stratégique européenne, ce qui est plus que jamais nécessaire.
Monsieur le Président, chers collègues, le règlement RTE-E est d’une importance capitale pour réaliser l’ambition de l’Europe de construire un marché de l’énergie qui soit plus intégré et plus résilient. Les discussions ont abouti à un accord ambitieux, s’agissant par exemple des réseaux intelligents et des infrastructures relatives à la production d’hydrogène. Toutefois, des lacunes subsistent quant à la place prépondérante du gaz fossile dans notre système énergétique. Alors, efforçons-nous de minimiser l’utilisation des fonds publics pour les fossiles, car c’est le contraire de nos ambitions climatiques et géopolitiques. Cette révision du RTE-E est nécessaire, mais elle est tardive. Elle aurait dû être faite il y a deux ans déjà. Cela retarde la rapidité de nos réponses. Il faut, à l’avenir, trouver davantage de réactivité dans nos outils juridiques afin qu’ils soient plus rapidement opérationnels. Essayons d’avoir un coup d’avance et pas un coup de retard.
Une stratégie européenne pour l'énergie marine renouvelable (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, hydroliennes, éoliennes, usines marémotrices et osmotiques: le potentiel des énergies en mer est immense et multiple. C’est un fait: pour que l’Union européenne atteigne ses objectifs climatiques, elle doit déployer massivement des énergies renouvelables, notamment en mer. Un des grands avantages, c’est qu’en mer le vent, les marées et les courants sont presque continus. C’est pourquoi je me réjouis du rapport que nous adoptons ici cette semaine, qui propose une accélération encadrée du déploiement des énergies renouvelables en mer. Nous appelons à un objectif de 60 GW minimum de capacité installés en mer en Europe d’ici 2030. Nous n’en avons que 12 aujourd’hui. Pour y arriver, il nous faudra simplifier les processus. Attendre quinze ans pour construire une éolienne, ce n’est pas tenable. La crise climatique, elle, n’attend pas. Par ailleurs, ces énergies en mer représenteront de très nombreux emplois de qualité non délocalisables le long de nos côtes européennes. Enfin, le développement de ces énergies renouvelables en mer participera pleinement à notre autonomie stratégique énergétique européenne, car toute l’énergie que nous produirons sur nos côtes sera autant d’énergie que nous n’aurons pas à importer d’ailleurs.
Monsieur le Président, chers collègues, la situation au Kazakhstan m'inquiète fortement. Quel chef d'État peut justifier de tirer sans sommations sur ses ressortissants? Il ne s'agit pas de remettre en cause la souveraineté du président Tokaïev. Le Kazakhstan est un État libre et souverain. Mais quelles que soient les raisons de la colère de l'État, je ne peux accepter la méthode employée. Je ne peux supporter que le peuple kazakh soit pris pour cible à balles réelles par son propre dirigeant. Qui peut l'accepter? Je demande par ailleurs que la lumière soit faite sur les nombreuses disparitions et arrestations effectuées par le gouvernement kazakh. J'imagine la souffrance que doivent ressentir les familles des personnes disparues. Le président Tokaïev doit fournir des réponses, et si les réponses ne sont pas claires et acceptables, je demande que des sanctions exemplaires soient prises contre le Kazakhstan et que tout échange commercial ou diplomatique soit rompu avec ce pays jusqu'à nouvel ordre. Un pays qui ne respecte pas les droits humains n'a pas le droit de commercer avec l'Union européenne et ses États membres.
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, chers collègues, si je devais retenir une conclusion du dernier rapport sur l’état de l’Union de l’énergie, ce serait celle-là: en 2020, les énergies renouvelables ont dépassé les combustibles fossiles en tant que principale source d’énergie de l’Union européenne. C’est un signal très encourageant qui montre que, oui, l’Union européenne fait des progrès sensibles dans la transition énergétique. Mais, hélas, ce n’est pas suffisant. Nos émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas assez vite et nous sommes loin des objectifs climatiques que nous nous sommes fixés dans cet hémicycle. Comme vous l’avez souligné, Madame la Commissaire, notre dépendance énergétique est au plus haut depuis 30 ans, avec plus de 60 % de l’énergie consommée dans l’Union européenne qui est importée depuis des pays tiers, notamment pétrole et gaz fossile. C’est un indéniable problème pour notre souveraineté énergétique européenne. Nous devons donc accélérer nos efforts en matière d’énergie décarbonée et d’efficacité énergétique pour à la fois réduire nos émissions et réduire la dépendance énergétique européenne. J’aimerais ici insister sur le fait que toutes les énergies décarbonées sont utiles et nécessaires. En effet, opposer, comme souvent, les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire ne fait pas progresser notre lutte contre le réchauffement climatique, alors que toutes deux sont des énergies décarbonées et que, surtout, toutes deux sont compétitives en termes de coûts, même si certains prétendent le contraire. Enfin, il est important de privilégier avant tout la production locale d’énergie, ici, en Europe. Produire, par exemple, de l’hydrogène à des milliers de kilomètres de l’Union européenne, puis le transporter pour le consommer en Europe, ce n’est pas une solution durable. Alors produisons et consommons local autant que nous le pouvons, dans le domaine de l’énergie également.
Solutions européennes à l'augmentation des prix de l'énergie pour les entreprises et les consommateurs: le rôle de l'efficacité énergétique et de l'énergie renouvelable et la nécessité de lutter contre la pauvreté énergétique (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, Monsieur le Ministre, Madame la Vice-présidente, chers collègues, notre groupe Renew Europe n’accepte pas que l’explosion des prix de l’énergie, et notamment du gaz, touche si durement nos concitoyens et fragilise nos industries. Pour résoudre la crise de l’énergie, il faut des mesures énergiques sur le court, le moyen et le long terme. Il y a trois pistes à explorer ensemble. Tout d’abord, renforcer nos stockages de gaz, qui sont très insuffisants dans de nombreux pays de l’Union. C’est à cette condition que nous pourrons passer l’hiver sans coupure de courant. Les stocks actuels ne suffisent pas, car plusieurs pays ont déjà prélevé sur leurs faibles stocks depuis plusieurs semaines, pour compenser l’augmentation des prix. Une initiative européenne est possible en associant les fournisseurs, les transporteurs et les régulateurs. Il est aussi possible de lancer un achat groupé de gaz, à l’image de ce que nous avons fait ensemble pour acheter des vaccins contre la COVID-19. Ensuite, il faut promouvoir une énergie «made in Europe» en réduisant au maximum notre dépendance aux énergies fossiles venues d’autres pays. Cela veut dire développer ici, rapidement, nos énergies renouvelables et bas carbone, dont le nucléaire, qui sont aujourd’hui les énergies les moins coûteuses. L’hydrogène doit aussi être produit en Europe et pas sur d’autres continents. C’est notre autonomie stratégique énergétique qu’il faut promouvoir. Enfin, il faut réformer rapidement le marché européen de l’énergie et en finir avec l’indexation du prix de l’électricité sur le prix du gaz naturel. Si j’étais un citoyen suédois, je ne comprendrais pas pourquoi je devrais payer une facture d’électricité qui dépend du prix du gaz naturel alors que mon électricité vient de sources décarbonées que j’ai déjà payées par ailleurs. Pourquoi devrais-je payer deux fois? Il faut donc réformer notre marché européen de l’énergie dans le sens du pacte vert.
Madame la Présidente, «Je suis toujours là. Je vais continuer à vous défier. Ma cause, je la défendrai jusqu’au bout. Je n’ai pas peur. Ils n’ont pas gagné». Ainsi parlait la journaliste libanaise May Chidiac pour la sortie de son livre, , deux ans après un attentat à la voiture piégée qui a failli lui coûter la vie en 2005, pour avoir critiqué le régime syrien dans ses émissions de télé. Elle y a perdu un bras et une jambe. Et 15 ans après, qu’en est-il? Le Liban est au bord du gouffre, de l’implosion. Son peuple doit faire face à des pénuries en chaîne: électricité, essence, céréales. La corruption de sa classe politique n’est même plus dissimulée. Je n’ai jamais vu un peuple aussi résilient que celui du Liban, mais l’engagement des Libanais s’essouffle face à la souffrance, à la pauvreté et à la faim. Je me réjouis de la formation du nouveau gouvernement libanais et, devant mes pairs, j’appelle de mes vœux ses représentants à faire preuve d’écoute et de respect à l’égard de leur peuple. Je me réjouis aussi de la résolution que nous préparons ensemble pour améliorer les conditions de vie des Libanais, pour mettre fin aux actes de corruption, aux ingérences étrangères, pour relancer le pays ou encore l’aider à trouver une solution durable pour le million de réfugiés présents sur son territoire. Je suis certain que l’Europe saura faire passer le bon message aux autorités libanaises avec le soutien indispensable de toutes les instances nationales et européennes.