Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Monsieur le Commissaire, je voudrais vous parler d’un sujet qui a avancé à la COP 26 – certes, très lentement, beaucoup trop lentement. C’est celui de l’intégration de l’océan dans la mise en œuvre de l’accord de Paris, celui de toutes les solutions basées sur l’océan. Avant 2015, l’océan n’était même pas évoqué dans les négociations. Après six années de mobilisation de la communauté internationale, des amis de l’océan – que je salue ici –, l’océan est désormais ancré dans le régime multilatéral de lutte contre le changement climatique. Mais il faut aller beaucoup plus loin. Je vous rappelle qu’une respiration sur deux, nous la devons à l’océan, qui absorbe un quart de nos émissions anthropiques. L’Europe, Monsieur le Commissaire, premier espace maritime au monde, doit intégrer ces solutions basées sur l’océan dans la mise en œuvre du pacte vert. Il nous faut un véritable «pacte bleu».
Le rôle de la politique de développement face à la perte de biodiversité dans les pays en développement, dans le contexte de la réalisation du programme de développement durable à l’horizon 2030 (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, chers collègues, pour illustrer le rôle de la politique de développement face à la perte de biodiversité dans les pays en développement et ce dans le contexte des objectifs du développement durable, je voudrais vous parler du formidable projet de la Grande muraille verte, projet auquel l’Union européenne apporte 750 millions d’euros par an jusqu’en 2025. Cette initiative africaine pour lutter contre la désertification, qui consiste à replanter des arbres de Dakar à Djibouti, est en fait aussi un projet d’agroforesterie et également un projet qui répond aux objectifs de climat et de biodiversité, d’éradication de la faim, de la pauvreté, de développement économique local, d’anticipation des conflits et des migrations, etc. Je suis allée le constater sur place au Sénégal cet été et je peux témoigner que les objectifs ne sont pas atteints malgré l’efficacité de certains projets locaux. Au niveau global, il y a urgence, Madame la Commissaire: il nous reste moins de dix ans pour mettre en œuvre le programme de développement durable à l’horizon 2030 et donner vie à ces 17 ODD. Pour restaurer les objectifs, la biodiversité marine et terrestre incarnées par les ODD 14 et 15, par exemple, il faut bien sûr préserver, restaurer, gérer durablement mais il faut aussi actionner les 15 autres ODD. Nous parlons toujours des objectifs du développement durable comme un objectif à atteindre, mais nous devrions beaucoup plus les regarder comme la colonne vertébrale de nos politiques publiques de manière à beaucoup plus intégrer nos politiques. Face à un problème systémique, nous avons besoin de réponses systémiques, alors je voterai ce rapport, Madame la Rapporteure, et je vous remercie et je remercie aussi votre rapporteur fictif, María Soraya Rodríguez Ramos, qui n’a pas pu être présente aujourd’hui pour ces débats.
Création de zones marines protégées (ZMP) de l'Antarctique et préservation de la biodiversité dans l'océan Austral (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Monsieur le Ministre, chers collègues, depuis mon arrivée au Parlement européen, je n’ai de cesse que de faire entendre la voix de l’océan et de faire comprendre l’importance des enjeux maritimes. Alors aujourd’hui, avec cette résolution, nous voulons faire entendre la voix de l’océan glacial Antarctique et soutenir la création indispensable de deux vastes aires marines protégées de 3 millions de kilomètres carrés. Il n’y a qu’un seul océan. Sa partie australe, celle qui fait le tour du continent antarctique, joue un rôle majeur dans l’équilibre du climat et recèle des richesses qui assurent des services écosystémiques vitaux à l’humanité tout entière. Il est un bien commun de l’humanité. Avant de mettre un pied sur le continent antarctique, je l’ai contourné à deux reprises lors de mes deux tours du monde et j’ai ensuite parcouru l’une des îles subantarctiques, la Géorgie du Sud. Je peux témoigner de la richesse de ces mers, où l’on est accompagné sans cesse par les albatros. En péninsule antarctique, le biologiste et plongeur que nous avions à bord a capturé des images époustouflantes, témoins de l’ingéniosité de la nature dans un environnement extrême. Mais depuis, les scientifiques ne cessent d’alerter: le climat de l’Antarctique se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne mondiale. Les dernières analyses de carottes de glace montrent une contamination des glaces antarctiques par les microplastiques et les polymères. Les touristes sont de plus en plus nombreux, et la pêche au krill menace l’équilibre des populations de baleines et de manchots. La création de ces aires marines protégées sous l’égide de la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique est donc un enjeu de climat et de biodiversité. Mais c’est aussi un enjeu diplomatique et géostratégique qui lance un défi pour l’Union européenne. Sept États membres de l’Union et l’Union elle-même sont membres de la CCAMLR, qui en compte 26, et les décisions sont prises à l’unanimité. Or, deux pays, on l’a dit, la Chine et la Russie, se sont opposés à neuf reprises à la création de ces aires marines protégées. La présidente von der Leyen a fait de ces aires marines un objet-clé de ce mandat, et je souhaite lui apporter tout mon soutien et saluer votre propre engagement, Monsieur le Commissaire. Après les déclarations du G7 et du dernier sommet UE-États-Unis, l’UE doit prendre le leadership pour convaincre les deux États récalcitrants, notamment la Chine, de l’avantage diplomatique qu’ils tireraient du fait de ne pas freiner la démarche, dans la perspective de la COP15. Tout comme l’appui des États-Unis avait été fondamental pour la création des premières aires marines protégées, l’Union européenne doit agir dans ces négociations. Je souhaite, pour conclure, remercier tous mes collègues, notamment Grace O’Sullivan, et leurs équipes, pour avoir travaillé ensemble à l’élaboration de cette résolution qui est la première du Parlement européen sur l’Antarctique.