Comment assurer un avenir durable au secteur de l’élevage de l’UE compte tenu de la nécessité de garantir la sécurité alimentaire et la résilience des agriculteurs et de répondre aux défis posés par les maladies animales? (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, à l'heure où la disponibilité en engrais minéraux se fait préoccupante, comment pouvons-nous sous-estimer la place de l'élevage en Europe? L'agriculture européenne a besoin d'évoluer, mais si on regarde les faits, elle reste la plus productive, la plus diversifiée et la plus durable au monde. Alors, pourquoi fait-elle l'objet de tant de critiques? Une part de la réponse réside dans le talent particulièrement aiguisé chez certains membres de ce Parlement à chercher des problèmes plutôt que des solutions. Le rapport que nous allons voter aujourd'hui a au moins un grand mérite: il cherche à réduire les fragilités qui touchent encore nos modèles agricoles. L'élevage doit être respecté et pensé comme un secteur stratégique, c'est un pivot de notre système agricole. L'identité de l'agriculture européenne repose sur ces standards de production. Protégeons-les. Les éleveuses et les éleveurs n'ont pas besoin qu'on leur apprenne leur métier. En revanche, nous avons besoin d'eux, comme de tous les agriculteurs, et nous devons prendre soin de ceux qui nous restent. Merci de ne pas l'oublier.
Coopération entre les autorités chargées de faire appliquer la législation en ce qui concerne les pratiques commerciales déloyales au sein de la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, grâce à ce Parlement, du bon travail a été fait sur les pratiques commerciales déloyales. Merci à M. Bonaccini et à l'équipe de rapporteurs. Mais ça ne suffit pas. Trop d'agriculteurs et d'agricultrices subissent encore des prix trop bas et trop incertains. Ce n'est pas qu'il y ait forcément des bons et des mauvais, mais il y a des rapports de force qui avantagent certains et écrasent d'autres. L'Europe, nous, les politiques, nous devons proposer plus pour protéger ceux qui se font malmener dans les box de négociation. La pression de certains distributeurs sur leurs fournisseurs, et donc, derrière, sur les producteurs, n'est plus tolérable. Nous devons créer au niveau européen les conditions pour que les agriculteurs puissent se regrouper solidement et ainsi mieux peser face aux plus grands. Je crois pour cela en des règles plus communes, plus fortes, plus harmonisées et finalement plus européennes.
Donner aux agriculteurs et aux communautés rurales des moyens d'action - dialogue pour une agriculture européenne qui soit durable et correctement rémunérée (débat)
Monsieur Bellamy, j’assume les votes auxquels j’ai pris part et la manière dont j’ai voté dans ce Parlement européen. Je sais quelles trajectoires nous n’aurions pas dû choisir. Ce que je dis aujourd’hui, c’est que les agricultrices et les agriculteurs ne cherchent pas des coupables, ils cherchent des réponses. Si vous voulez que l’on continue encore à se disputer, on peut dire: «Toi, tu as voté ça. Toi, tu as voté ça, tu n’aurais pas dû. C’est à cause du pacte vert. C’est à cause de la stratégie “De la ferme à la table”. C’est à cause des Verts, qui en demandent toujours plus…» Moi, je veux bien participer à ce débat-là, mais ce n’est pas là qu’on trouvera les réponses. Donc, construisons ensemble. Si vous avez de bonnes idées, prenons-les. Je pense qu’on en a aussi. Je pense qu’il y en a dans tous les camps, dans le champ républicain, dans ce Parlement. Donc, construisons ensemble l’avenir de l’agriculture. Les agriculteurs ont besoin de nous. Aidons-les.
Donner aux agriculteurs et aux communautés rurales des moyens d'action - dialogue pour une agriculture européenne qui soit durable et correctement rémunérée (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, l’agriculture européenne est déjà la plus vertueuse. Nos agriculteurs respectent les règles les plus exigeantes au monde. Pardon de le rappeler. Beaucoup ici passent leur temps à polariser le débat, à chercher des coupables à tort et à travers. Je pense qu’on devrait plutôt s’activer à trouver des réponses. C’est ce qu’attendent les femmes et les hommes qui font l’agriculture. Qu’on arrête de décider sans eux, qu’on les écoute, qu’on leur apporte des réponses solides, des réponses tangibles, applicables, des réponses rémunératrices pour un métier si difficile. Nous avons un chemin à construire. C’est possible si nous sommes sérieux, rationnels. C’est possible si on fait preuve de plus de cohérence, si, par exemple, la Commission qui lance le dialogue stratégique sur l’agriculture ne sacrifie pas cette même agriculture en validant de manière provocatrice l’accord commercial avec le Mercosur. N’importons plus l’agriculture que nous ne voulons plus. (L’orateur accepte de répondre à une question «carton bleu»)
Renouvellement des générations dans les exploitations agricoles de l’UE de l'avenir (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, le fait que nous nous préparions à adopter sans amendements un rapport sur le renouvellement des générations dans l’agriculture peut être vu comme un bon signe. Notre Europe attend énormément de son agriculture, notamment sur le plan environnemental. Mais une chose est certaine, pour relever nos défis, nos nombreux défis, et pour réussir les transitions, il y a une condition: arrêtons de perdre des paysans. L’envie chez les jeunes est là, mais cela ne suffit pas. Il faut des moyens. À l’heure des mots et des prises de parole engagées, beaucoup sont prêts à tout pour la jeunesse agricole, mais, à l’heure des comptes et des arbitrages budgétaires, il n’y a souvent plus grand monde. Je me félicite donc sans réserve de ce rapport et je remercie Isabel Carvalhais pour la coordination de ce travail. J’aimerais cependant que nous tous, nous, députés, qui allons voter ce texte et vous, membres d’autres institutions, qui allez le saluer, soyons au rendez-vous au moment des prochains gros sujets politiques. Nous devrons à chaque fois avoir le courage de prendre les décisions qui aideront vraiment, significativement, les jeunes agriculteurs.
Proposition de prolongation de l'autorisation du glyphosate dans l'Union européenne (débat)
Madame Aubry, une chose est sûre, c’est que je ne défends pas les mêmes intérêts que vous et que je ne les défends pas de la même manière. Moi j’ai de la sensibilité pour les paysans, pour le monde paysan, pour tous ceux qui se lèvent le matin pour essayer de nourrir les Européens. Donc je n’ai pas de leçon à recevoir de vous sur ce que j’étais, sur ce que je suis et sur ce que je défends. Je défendrai toujours les agriculteurs et ce que je demande aujourd’hui, c’est quelque chose de raisonnable, c’est qu’on fasse une sortie du glyphosate, mais une sortie propre, justement, où on emmène tout le monde en même temps et où la France ne se retrouve pas en avance sur les autres et perdante pour son agriculture. Voilà. Donc ne me donnez pas de leçon et continuez de faire votre politique politicienne nationale ici à Bruxelles. Moi je défends les Européens, je ne défends pas que les Français.
Proposition de prolongation de l'autorisation du glyphosate dans l'Union européenne (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, ne laissons pas les discours simplistes nous piéger. Le chemin que nous prenons, c'est celui d'un renouvellement du glyphosate. Tout le monde le sait et c'est, je crois, raisonnable. La vraie question que chacun devrait regarder en face, c'est celle des conditions de ce renouvellement. La proposition de la Commission n'est en effet pas sérieuse, car elle n'intègre aucune de ces conditions d'usage en continuant d'en laisser la responsabilité aux États membres. Un tel laxisme sur ce sujet, c'est de la distorsion de concurrence assurée entre les agriculteurs européens. Avec le cas emblématique du glyphosate, notre réglementation de mise en marché montre ses limites. Ce dont nous avons vraiment besoin, c'est d'une harmonisation réelle et forte des autorisations, avec des conditions d'usage établies au niveau européen. Pour ne pas laisser l'agriculture dans l'impasse et la société sans réponse n'interdisons pas sans solution, mais n'autorisons pas sans conditions harmonisées. (L'orateur accepte de répondre à une question «carton bleu»)
Révision du statut de protection des loups et d’autres grands carnivores dans l’Union (débat d'actualité)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, contrairement à ce que certains pensent, pour les victimes, le problème de la prédation n’a rien d’anecdotique. 11 000 animaux tués, déchiquetés, en France, 4 000 en Allemagne, 700 en République tchèque. Face à ces chiffres, le bénéfice pour la biodiversité est largement discutable. On peut admirer le loup, l’ours et autres carnivores, mais on ne peut pas fermer les yeux sur les dégâts qu’ils causent, sur le stress et la détresse qu’ils engendrent chez les éleveurs. J’invite donc ceux qui n’assument pas cette réalité, qui aiment ces gentilles bêtes mais les aiment de loin, depuis leurs villes, à leur offrir une place de choix sur leur balcon, dans leur parc urbain ou leur forêt péri-urbaine. Les prédateurs ne connaissent pas de frontières, et comme l’a dit Ursula von der Leyen: «face aux grands carnivores, l’élevage européen est en danger». Pour apporter des réponses concrètes, harmonisons le comptage, facilitons l’abattage et ayons le courage politique de réviser le statut du loup et des autres si nécessaire.
Directive relative aux émissions industrielles - Portail des émissions industrielles - Déploiement d’une infrastructure pour carburants alternatifs - Carburants maritimes durables (initiative FuelEU Maritime) - Efficacité énergétique (refonte) (discussion commune - Ajustement à l'objectif 55 et émissions industrielles)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, le sujet des émissions polluantes est certainement important, mais je n’imaginais pas que la Commission européenne ne verrait pas l’erreur grossière qui consiste à faire rentrer au forceps l’agriculture dans un cadre inadapté. Vouloir assimiler l’élevage européen aux industriels avec autant de légèreté est dangereux et inopérant. C’est ignorer les progrès déjà faits dans le domaine, grâce notamment à la politique agricole commune. Car si notre agriculture n’est pas parfaite, elle reste la plus vertueuse au monde. Arrêtons de la fragiliser, protégeons-la. Le pacte vert, pour réussir, doit cesser de chercher des symboles, des seuils, des chiffres, des contraintes qui, magiquement, régleraient tout. Cela ne marchera pas. Il faut pour l’élevage une approche globale de la durabilité. Alors, pour ma part, pour protéger, pour soutenir les agriculteurs, je ne vois pas d’autre choix que le statu quo sur le volet agricole de ce texte.
Le rôle des agriculteurs en tant que facilitateurs de la transition verte et d'un secteur agricole résilient (suite du débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, effectivement, on aurait préféré avoir Monsieur le Commissaire à l’agriculture à vos côtés pour nous écouter, mais ce n’est pas le cas. Je suis à peine surpris par bon nombre d’interventions entendues ce matin. Une certaine droite conservatrice, qui avait pourtant en partie voté le Green Deal il y a trois ans, nous fait croire aujourd’hui qu’on peut refuser le changement. Et puis une certaine gauche, les Verts en tête, qui joue la carte du catastrophisme, condamne sans raison, et est donc inaudible des agriculteurs. La responsabilité politique n’est pas tant de nous demander si on doit changer, mais de nous demander comment. Et les agriculteurs ne nous ont pas attendu pour faire évoluer leurs pratiques. Ils n’ont pas attendu non plus, bien sûr, la guerre en Ukraine. Oui, évidemment, ils contribueront au Green Deal, mais si on leur en donne les moyens. Et les moyens de limiter notamment nos dépendances sans remettre en cause la productivité globale. Soyons ambitieux, mais ne sous-estimons surtout pas l’investissement que cela représente financièrement et humainement, et préférons, vous l’avez dit, toujours l’incitation forte, motivante, responsabilisante à la sanction décourageante et très rarement efficace.
Engagement à long terme en faveur du bien-être des animaux (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, le bien-être des animaux, notamment d'élevage, est une attente citoyenne qu'il faut prendre au sérieux. C'est d'ailleurs aussi, n'en déplaise à certains, une préoccupation majeure des éleveurs. On n'en parle pas beaucoup, mais avant tout, les éleveurs aiment et chérissent leurs animaux et tous les acteurs de la filière n'ont aucun intérêt à travailler avec des animaux maltraités. Donc prendre un sujet au sérieux, ça peut vouloir dire lui donner une reconnaissance symbolique comme peut-être un commissaire dédié, mais cela veut surtout dire le traiter avec sérieux. De mon expérience et de mon travail avec mes collègues des autres groupes sur le rapport que j'ai porté l'année dernière, je retiens notamment que les éleveurs, que nous faisons déjà beaucoup de bonnes choses en matière de bien-être animal et que, pour continuer à progresser, il faut le faire collectivement en se donnant des règles adaptées à chaque espèce – vous l'avez dit, Madame la Commissaire – que nous sommes capables de faire appliquer partout, de façon homogène en Europe et en se dotant enfin de moyens financiers dédiés et suffisants pour atteindre nos objectifs. Il faut aussi que ces règles, pour qu'elles soient viables, soient conditionnées aussi aux normes des produits que nous importons en Europe. Donc, pour ceux qui seraient pressés de signer le Mercosur, il y a encore un petit peu de boulot pour qu'on adapte justement nos règles. Et puis enfin, il faut aussi qu'un étiquetage soit un peu mieux encadré. La DG Santé nous fera bientôt des propositions. J'espère qu'elles s'appuieront aussi sur des principes sérieux.
Une vision à long terme pour les zones rurales de l’UE (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, loin des affaires qui secouent fortement notre Parlement, les zones rurales représentent plus de 80 % des territoires européens. Des territoires qui se sentent souvent, à tort ou à raison, un peu oubliés. Avec ce rapport, je suis fier que le Parlement leur adresse un message sérieux, complet, éclairé et bien travaillé. J’espère surtout que la Commission nous entendra et qu’elle transformera l’essai de sa communication de juin 2021. J’espère que nous avancerons sur l’observatoire et la définition des zones rurales fonctionnelles, que nous appliquerons le principe du «réflexe ruralité» à l’ensemble des politiques européennes et que nous rendrons nos fonds et nos accompagnements financiers plus efficaces. Nous avons besoin de redonner de la visibilité à nos campagnes, de les rendre plus attrayantes et d’enrayer la chute démographique – dans le domaine de l’agriculture, bien sûr, mais aussi au-delà. Il y a d’ailleurs des signaux encourageants dans certaines régions européennes, que nous pourrions multiplier en collaborant davantage avec les acteurs de terrain. Bruxelles ne construira pas seule l’avenir des zones rurales. Nous devons soigner et accompagner de façon complète et adaptée ces zones qui jouent tant de rôles, à commencer par celui de fournir la quasi-totalité de notre alimentation. J’espère que les États membres, mais aussi les régions, pourront continuer à agir, à se coordonner et à mettre en œuvre leurs programmes respectifs: c’est là un grand enjeu pour l’équilibre de notre Europe. Merci encore à notre rapporteure, Isabel Carvalhais. Je pense qu’il faut approuver ce texte dans son intégralité, y compris, donc, le paragraphe sur les prédateurs.
Protection de l’élevage et des grands carnivores en Europe (débat)
Monsieur le Président, pendant que nous pesons avec beaucoup de précaution nos mots pour tenter de concilier l’inconciliable, des éleveurs de plus en plus nombreux dans toute l’Europe se sentent acculés, ignorés, incompris. Je veux leur rendre hommage pour tout le travail qu’ils font et le courage qu’ils ont. Leur détresse profonde devrait nous alerter. Peut-on à la fois protéger le loup et l’élevage? Peut-être, mais certainement pas partout. Quels que soient les moyens qu’on voudra y mettre, quelles que soient les protections et les indemnisations, il y a des zones où la cohabitation restera impossible. Admettons-le. Ce débat aujourd’hui en plénière montre au moins que nous ne fermons pas les yeux. Mais nous devons avoir plus de courage politique. Très concrètement, nous devons tout de suite donner plus de flexibilité à la règlementation pour que les États membres puissent agir plus efficacement. Et agir ne veut pas dire compter les carcasses de moutons et de vaches. Agir veut dire abattre de façon ciblée les prédateurs aux comportements dévastateurs.
Faciliter l'exportation des produits agricoles ukrainiens: une mesure essentielle pour l'économie ukrainienne et la sécurité alimentaire mondiale (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, Monsieur le Ministre, l’Ukraine souffre dans une guerre qui n’en finit plus d’être dévastatrice. Face à cela, le peuple ukrainien nous donne à tous une leçon de courage: il se bat sans relâche pour son pays, ses enfants, mais aussi son agriculture. Une agriculture différente de la nôtre, mais solide et productive. Une agriculture qui mérite un soutien urgent de l’Europe pour sortir sa production du territoire. Le monde en a besoin pour se nourrir, l’Ukraine en a besoin pour sauver sa prochaine récolte. L’Europe doit aussi être plus visionnaire. L’Europe doit aider les Ukrainiennes et les Ukrainiens à rebâtir leur agriculture, à accompagner son évolution pour qu’elle se rapproche plus de la nôtre et pour commencer dès maintenant à dessiner l’avenir de nos modèles agricoles. Une agriculture forte et durable: fondation d’une union Europe-Ukraine capable de répondre à l’enjeu de la sécurité alimentaire mondiale.
Nécessité d'un plan d'action d'urgence de l'UE afin d'assurer la sécurité alimentaire à l'intérieur et à l'extérieur de l'UE à la lumière de l'invasion russe de l'Ukraine (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Monsieur le Ministre, la guerre en Ukraine est un désastre. Les Ukrainiennes et les Ukrainiens sont sous les bombes, tués, négligés et sacrifiés à cause d’un homme fou et dangereux. Les Ukrainiennes et les Ukrainiens risquent bientôt de souffrir de faim parce que leurs champs sont devenus des théâtres d’opérations militaires. Alors, Européens, décideurs, entreprises, chacun à son niveau, notre responsabilité est aujourd’hui d’aider l’Ukraine à se nourrir. En Europe, avec dignité et retenue, tirons au moins de cette guerre des enseignements: remettons au même niveau la souveraineté alimentaire et nos ambitions environnementales. Soyons déterminés à reconstruire enfin une Europe agricole solide, souveraine et durable.
Rapport d’exécution sur le bien-être des animaux dans les exploitations (débat)
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, le rapport qui est présenté aujourd’hui devant notre assemblée sur le bien-être des animaux à la ferme est un rapport d’évaluation. Il vise à aider notre institution à formuler des propositions pour l’évolution de la réglementation européenne existante. Il ne se veut rien de plus et rien de moins. Le bien-être des animaux est un sujet sensible. Certains préféreraient fermer les yeux sur cette préoccupation sociétale grandissante et éviter d’en parler. Ils voudraient que nous ne fassions rien du tout, sans même chercher à comprendre l’enjeu. D’autres, au contraire, qui en font leur combat, dénoncent ce qu’ils considèrent comme un manque d’action, promeuvent de nouvelles pratiques – souvent inadaptées –, réclament la suppression d’autres, quand ce n’est pas tout simplement la suppression de l’élevage. Ils attendent beaucoup de nous, nous observent et nous notent, même, parfois. Nous ne sommes ni dans un camp ni dans l’autre. Nous sommes, pour la très grande majorité de ce Parlement, ceux qui font, ceux qui agissent, ceux dont la responsabilité est de proposer des moyens d’avancer ; car c’est bien là la question qui est devant nous: non pas de savoir à quel niveau de priorité nous plaçons le sujet du bien-être animal, ni si nous devons progresser ou pas, car, évidemment, il le faut toujours, mais plutôt – et c’est plus difficile – celle de savoir comment nous progressons. Je tiens à remercier très sincèrement les rapporteurs des autres groupes, avec qui j’ai eu le plaisir de travailler, pour leur engagement et leur posture très majoritairement constructive. Nous sommes, je crois, parvenus à présenter un travail utile, que le Parlement adoptera, j’espère, et qui viendra nourrir les législations futures. Nous nous sommes appuyés sur des faits, et en premier lieu sur une étude pilotée par le Service de recherche du Parlement, une étude documentée, fondée sur des entretiens, et dont les enseignements étaient parlants. J’en ai pour ma part tiré quelques convictions, qui sont au cœur du rapport dont nous discutons aujourd’hui, lequel a été largement soutenu par la commission de l’agriculture et enrichi, bien sûr, de contributions de la commission de l’environnement. Il y a quatre points sur lesquels j’aimerais insister, car ils me semblent être le fondement de notre message. Le premier, c’est qu’il n’y aura pas de nouveaux progrès possibles en matière de bien-être animal en élevage tant que nous n’aurons pas réussi à harmoniser la mise en œuvre et les contrôles des règles qui existent déjà. Relever la barre avant d’avoir réussi cela, ce serait, je crois, se faire plaisir, mais condamner toute efficacité tout en mettant à mal notre marché commun. Renforçons nos moyens de surveillance. Accompagnons les États membres et les acteurs économiques d’abord. Étendons le champ des espèces couvertes par la réglementation; beaucoup méritent des règles spécifiques et adaptées. Ensuite, nous pourrons revoir nos ambitions à la hausse. Le deuxième point, c’est que nous ne parviendrons à rien en cherchant à agir contre les éleveurs, qui sont, que certains le veuillent ou non, les premiers acteurs du sujet, des acteurs qu’il faut encourager à continuer à bien s’occuper de leurs bêtes, ce que la plupart font déjà. C’est ce qu’il faudra commencer par reconnaître, justement, en rémunérant ces efforts, y compris quand ils vont au-delà de la réglementation. Le troisième point, qui est lié, c’est que nous avons besoin, pour cette reconnaissance et cette rémunération, d’un étiquetage moins anarchique qu’aujourd’hui, plus encadré, qui s’appuie sur des cahiers des charges sérieux, mais qui laisse la place à des initiatives privées, d’États membres, de filières, d’ONG ou d’acteurs réunis. Pourquoi ne pas envisager un socle commun obligatoire et poser des garde-fous pour éviter les dérives et les demandes farfelues? Les consommateurs veulent de la lisibilité, certes, mais pas une approche trop normative. Le quatrième et dernier point, c’est que le continent, qui a déjà choisi aujourd’hui, à juste titre, de se doter des standards les plus exigeants du monde, ne pourra continuer à les relever que s’il est capable de les faire respecter aussi par les produits importés. Sinon, encore une fois, nous pourrons nous targuer d’être exigeants, mais nos consommateurs n’en profiteront pas, et nous n’aurons fait qu’exporter le problème. En responsabilité, je suis convaincu que nous devons intégrer ces principes si nous voulons vraiment avancer. Continuer à améliorer le bien-être des animaux est mon souhait, n’en doutez pas. C’est le souhait d’un nombre croissant de citoyens. C’est le souhait de la grande majorité des éleveurs et de cent pour cent de celles et ceux qui s’installent en élevage aujourd’hui. Nous n’atteindrons cette ambition que si nous appliquons ces principes d’harmonisation, de reconnaissance, de juste valorisation et de réciprocité.
Politique agricole commune - aide aux plans stratégiques devant être établis par les États membres et financés par le FEAGA et par le Feader - Politique agricole commune: financement, gestion et suivi - Politique agricole commune - modification du règlement OCM et d'autres règlements (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, nous sommes sur le point de valider un accord de trilogue sur la nouvelle PAC. Nous sommes plusieurs dans cette salle à mesurer le travail qui a été nécessaire pour parvenir à ce résultat et à nous préparer à l’approuver, de façon responsable, malgré les limites que chacun d’entre nous trouve forcément au compromis final – mais bien à l’approuver quand même. Certains préfèrent se sortir du jeu et se positionner en spectateur, en commentateur des imperfections de cet accord. Tant pis pour eux. Pour ma part, je salue l’équilibre renforcé entre ambitions économiques et environnementales de la PAC. Je salue les innovations de cette réforme – écorégime, programmes opérationnels, définition obligatoire de l’agriculteur actif. Je salue la demande forte que nous exprimons pour une réciprocité des normes dans le commerce. Je salue enfin le fait que nous n’ayons pas oublié l’agriculture qui est à la base de notre alimentation et faite par des femmes et des hommes à qui on demande beaucoup et que nous devons accompagner. La politique agricole européenne continuera à évoluer, forcément. Elle n’a pas vocation à assurer la survie des agriculteurs, ce qu’elle fait pourtant encore souvent, mais bien à favoriser l’exercice serein et prospère de leur métier et le dynamisme de nos territoires ruraux et à offrir des perspectives positives aux jeunes qui reprendront le flambeau. Ce sont des conditions pour que ce secteur contribue efficacement à la durabilité de notre économie et de notre planète. L’agriculture ne peut pas se passer de la PAC, l’Europe non plus, quoiqu’on en dise. Nous avons tous travaillé du mieux que nous pouvions. Alors maintenant, pour les agriculteurs et les citoyens, votons et avançons.
Madame la Présidente, Madame la Commissaire, chers collègues, le concert de cet après-midi vous paraît peut-être désaccordé, entre ceux qui pensent que la stratégie «De la ferme à la table» est inapplicable et qu’on nous cache tous ses dangers, et ceux qui croient au contraire qu’elle est parfaite et facile à appliquer. La réalité est pour moi différente. La stratégie sans plan d’action n’est pas une stratégie. Les intentions sont bonnes, mais ce qui manque sérieusement, c’est une étude de faisabilité qui permette d’établir une vraie feuille de route. Au-delà d’une simple étude d’impact, il faut aujourd’hui poser sur papier les difficultés pour les agriculteurs et autres acteurs impliqués, les méthodes à développer, les soutiens à assurer pour que personne ne soit laissé de côté. En attendant ce travail, la Commission ne doit pas revenir sur l’accord trouvé en trilogue au sujet du lien entre la PAC et la stratégie «De la ferme à la table». Les agriculteurs et la société méritent que nous dépassions les postures pour construire collectivement cette feuille de route indispensable pour renforcer l’identité agricole et alimentaire de notre Europe.