17
Janv
2024
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Dimension de genre de l’augmentation du coût de la vie et des répercussions de la crise énergétique (débat)
– Madame la Présidente, l'histoire nous a appris que la pauvreté alimente le populisme et l'extrémisme. La pauvreté est probablement l’une des plus grandes menaces pour notre démocratie, l’égalité entre les hommes et les femmes et la transition écologique. Ces dernières années, avec l’inflation folle et l’invasion illégale de l’Ukraine par la Russie, nous avons assisté à une augmentation de la précarité énergétique. Sur l'ensemble du continent, des millions de citoyens de l'UE luttent pour joindre les deux bouts et doivent choisir entre se chauffer ou manger. Nous avons la responsabilité d'agir parce que ce sont les personnes vulnérables qui paient le prix de notre dépendance à l'égard des combustibles fossiles et de la volatilité du marché de l'énergie. Le seul remède à long terme contre les chocs de demande et la volatilité des prix est cette transition socialement juste vers un système énergétique vert et plus efficace. La précarité énergétique est un défi reconnu au niveau de l'UE, selon la Commission européenne. La précarité énergétique est un problème répandu dans toute l’Europe. Entre 50 et 125 millions de personnes ne peuvent pas se permettre un confort thermique intérieur adéquat. Nous savons aussi que la pauvreté a un visage féminin. À l’échelle mondiale et dans l’UE, les femmes sont beaucoup plus susceptibles de connaître ou de tomber dans la précarité énergétique. Et nous savons également que la situation s'aggrave et que la précarité énergétique liée au genre augmente. Cette Commission a promis de ne laisser personne de côté dans la transition écologique. Cette Commission s'est également déclarée engagée en faveur de l'égalité des sexes. Malheureusement, la Commission a mis en place un pacte vert et des politiques énergétiques qui ne tiennent absolument pas compte de la dimension de genre. En bref, ces politiques importantes ne font pas l'objet d'évaluations de l'impact selon le sexe. Ils manquent de données ventilées par sexe et d'indicateurs sexospécifiques. Dans la pratique, il en résulte que l’Europe ne parvient pas à garantir une transition énergétique socialement équitable. Les problèmes structurels nécessitent des solutions structurelles. Par conséquent, l’intersection des données et une approche sensible au genre doivent constituer un pilier de l’élaboration des politiques de l’UE. Le rapport présente plusieurs mesures concrètes pour lutter contre l'augmentation de la pauvreté liée au genre, et invite la Commission à vraiment faire avancer les discussions sur l'égalité entre les femmes et les hommes. En conclusion, une transition écologique qui soit socialement équitable et ne laisse aucune femme de côté est une condition préalable absolue au succès du pacte vert et à l’égalité entre les hommes et les femmes dans l’Union européenne. Enfin, un grand merci à mes chers collègues de la commission FEMM qui ont travaillé de manière constructive sur le rapport. Merci pour votre excellente collaboration.