23
Mars
2022
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Régime pilote pour les infrastructures de marché reposant sur la technologie des registres distribués (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, cher commissaire McGuinness, cher ministre Beaune, l'intégration des marchés des capitaux est une condition préalable au maintien de la croissance à long terme. Je me félicite donc de toutes les mesures visant à donner une impulsion supplémentaire à l’union européenne des marchés des capitaux. Dans le même temps, la numérisation se précipite dans le secteur des services financiers et, pour faire face à cette tendance, il est non seulement essentiel d’adapter la législation financière existante au numérique, mais aussi de faire preuve d’ouverture à l’égard des nouvelles technologies qui pourraient rendre les marchés financiers plus sûrs et plus efficaces. Le train de mesures sur la finance numérique constitue une étape importante à cet égard. La technologie qui sous-tend les crypto-actifs – les «registres distribués» ou DLT – présente un grand potentiel de destruction créative, ce qui entraînera des améliorations de la productivité. Parmi ses avantages possibles dans la fourniture de services financiers figurent la réduction de la complexité, le renforcement de la résilience du réseau et la réduction des risques opérationnels et financiers. Actuellement, les infrastructures des marchés financiers ne sont pas autorisées à utiliser la DLT pour émettre, négocier et régler des instruments financiers tels que des obligations, des actions et des fonds négociés en bourse. Le régime pilote DLT vise à tester exactement cela tout en abordant les risques associés. Le projet répond pleinement aux objectifs de l’UMC, nous aide à rester sur la bonne voie dans un monde numérique en évolution et place l’UE à la pointe de l’innovation. Au cours des trilogues, le Parlement s'est fixé six grands objectifs ou principes. Premièrement, l'innovation. Nous avons suivi une approche «bac à sable», ce qui signifie que nous autorisons des exemptions temporaires et conditionnelles de la législation actuelle. L'expérience ainsi acquise devrait favoriser davantage l'innovation. Deuxièmement, l'intégrité du marché. La directive existante sur le marché des instruments financiers et le règlement sur les dépositaires centraux de titres s’appliquent dans un environnement traditionnel fondé sur les comptes. Afin de garantir des exigences réglementaires et de surveillance adéquates pour ce régime, nous avons vérifié en détail quelles règles des deux actes législatifs seraient également essentielles pour une application dans un environnement DLT. Troisième principe: la protection des investisseurs, dont je pense qu'elle parle d'elle-même. Quatrième élément: stabilité financière. Nous avons estimé que la proposition initiale de la Commission était un peu trop clémente en ce qui concerne les garanties de stabilité financière, comme le prévoit le règlement sur les DCT. Nous avons considérablement renforcé ces garanties. Cinquièmement: des conditions de concurrence équitables. L'égalité des chances pour tous les acteurs du marché est un principe fondamental de la législation de l'UE. Et le sixième et dernier des objectifs était bien sûr la neutralité technologique. Pour terminer, je voudrais m'adresser à nos successeurs en tant que colégislateurs avec quelques mots de prudence à plus long terme. Ce qui fonctionne dans un environnement de test limité ne fonctionne pas nécessairement dans un contexte plus large. Si le projet s'avère fructueux, le simple fait d'élargir sa portée et de modifier le cadre réglementaire permanent pour les services financiers en conséquence pourrait créer des risques qui ne sont pas perceptibles ou qui ne l'étaient pas au cours de la phase pilote. Deuxièmement, les futurs colégislateurs devraient examiner de près les exemptions accordées dans le cadre du projet pilote avant de les étendre. C’est notamment le cas pour d’éventuels risques liés au règlement en monnaie de banque commerciale. Troisièmement, l’équipe de négociation du Parlement aurait également souhaité que l’AEMF joue un rôle plus important en tant qu’autorité centrale de surveillance du régime pilote DLT, mais cela s’est avéré être un non-recours pour les négociateurs du Conseil. Permettez-moi, pour terminer, d'exprimer mes remerciements à toutes les personnes impliquées dans le dossier: les rapporteurs fictifs, en particulier Jessica Polfjärd, Eva Kaili, Stephanie Yon-Courtin et Ernest Urtasun; la présidence slovène; la Commission européenne, en particulier la commissaire McGuinness; et bien sûr les services parlementaires.