4
Mai
2022
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Menaces pesant sur la stabilité, la sécurité et la démocratie en Afrique de l'Ouest et au Sahel (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, en dépit de l’ingratitude de la junte malienne à l’égard des 59 soldats français tombés au Sahel, notre retrait total de cette région n’est pas concevable. D’une part, parce que d’autres acteurs auront tôt fait de suppléer le départ des Occidentaux. La Turquie muscle déjà sa présence militaire et diplomatique, quand elle ne joue pas, du reste, la carte religieuse. D’autre part, parce que toute avancée des terroristes islamistes affecterait inévitablement l’Europe sur le plan sécuritaire comme migratoire, c’est d’autant plus vrai à l’heure où le conflit en Ukraine fait planer le spectre d’une famine sur une Afrique dépendante de ses importations de blé. Or, au lendemain de la fin de l’opération Barkhane et de son pendant européen Takuba, la détérioration du rapport de forces sur le terrain est flagrante. En témoigne l’aveu glaçant du président nigérien en décembre, quant à la supériorité des djihadistes sur certaines armées nationales africaines. La progression du terrorisme vers le golfe de Guinée, annoncée de longue date, est désormais avérée. Avec sa nouvelle facilité pour la paix, on peut espérer que l’Union européenne aborde, enfin, de façon réaliste et lucide, la coopération militaire avec l’Afrique. En parallèle, les Européens demeureront vraisemblablement les premiers pourvoyeurs d’aide au développement. Mais notre engagement considérable doit enfin être payé de retour: il est intolérable qu’au sacrifice de soldats français réponde une haine obsessionnelle envers notre pays.